- Connaissance des Énergies avec AFP
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Le gouvernement a expliqué mercredi souhaiter réorganiser l'Agence de la transition écologique (Ademe) afin qu'elle travaille mieux localement avec les services de l'État, mais il n'envisage pas de la "supprimer".
« Il ne peut pas y avoir deux politiques de l'État »
"Il est hors de question de supprimer l'Ademe", a assuré la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, interrogée lors d'une audition par une sénatrice inquiète de cette possibilité.
Mais le gouvernement, dans un projet de loi de réforme de l'État, souhaite que l'Ademe "travaille mieux avec les représentants de l'État".
"L'Ademe gardera son statut plein et entier, gardera sa gouvernance pleine et entière. La seule chose qu'on veut, qu'on demande, c'est que les agents de l'Ademe localement, c'est-à-dire ceux qui sont en région, soient mieux intégrés aux Dreal", a-t-elle indiqué. Ces dernières - les Directions régionales de l'environnement, de l'aménagement et du logement - sont des services déconcentrés de l'État, qui agissent sous l'autorité du préfet de région.
L'Ademe est pour sa part un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) avec des services centraux à Angers, Paris et Valbonne, ainsi que des directions régionales à travers les territoires. "Il ne peut pas y avoir deux politiques de l'État, il n'y a pas une politique des Dreal et une politique de l'Ademe", a fait valoir Monique Barbut.
« L'Ademe change »
Le PDG de l'Ademe Sylvain Waserman, auditionné par une commission différente du Sénat, a pour sa part défendu l'Agence, régulièrement attaquée par une partie de la droite et de l'extrême droite. Laurent Wauquiez, le chef du groupe Les Républicains à l'Assemblée, avait jugé les experts de l'Ademe "portés par une idéologie d'extrême-gauche".
"L'agence est beaucoup attaquée et parfois avec des arguments fallacieux", a regretté Sylvain Waserman. "Cette idée selon laquelle l'opérateur pourrait être dans son coin, faire ce qu'il veut, est fausse. Et ne regardons pas l'Ademe avec les lunettes d'il y a dix ans : l'Ademe change", a-t-il assuré.
Monique Barbut a aussi répondu à des inquiétudes sur le sort de l'Autorité environnementale (Ae), qui rend des avis sur des projets d'infrastructures, routes ou centrales électriques. "Nous sommes clairement attachés à son indépendance", a-t-elle dit.
Dans un courrier consulté par l'AFP, le ministre délégué à la Transition écologique Mathieu Lefèvre avait réclamé à l'Ae une "modernisation" de ses pratiques pour permettre une "accélération des projets". C'est une invitation à faire "plus simple" et "plus rapide", selon Monique Barbut. "On veut harmoniser des pratiques, clarifier les rôles, faire de la meilleure coordination. C'est à peu près tout".