Le groupe espagnol Repsol reprend le contrôle de ses activités pétrolières au Venezuela

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Le géant énergétique espagnol Repsol a annoncé jeudi avoir signé un accord avec le gouvernement vénézuélien pour reprendre le contrôle et développer fortement la production de sa co-entreprise pétrolière au Venezuela, dont l'activité était très perturbée depuis 2025

Environ 45 000 barils par jour à l'heure actuelle

Cet accord permettra à Repsol de reprendre le contrôle opérationnel de sa coentreprise Petroquiriquire, créée pour développer et exploiter des champs pétrolifères dans l'est du Venezuela, a indiqué la société dans un communiqué. Repsol détient 40 % de Petroquiriquire, et la compagnie publique PDVSA en contrôle 60 %.

Le groupe espagnol a indiqué être prêt à augmenter sa production pétrolière brute dans le pays de 50 % en 12 mois, et de même la tripler d'ici trois ans si "les conditions nécessaires" sont réunies. "Cet accord souligne l'engagement de Repsol envers le Venezuela, où nous opérons sans interruption depuis 1993", a déclaré le directeur de l'exploration et de la production de l'entreprise, Francisco Gea, dans un communiqué.

"Nous disposons des actifs ainsi que des capacités techniques, opérationnelles et humaines sur le terrain pour augmenter notre production dans le pays", a-t-il ajouté.

Repsol a précisé que sa production pétrolière au Venezuela s'élevait aujourd'hui à environ 45 000 barils par jour, principalement au sein de Petroquiriquire.

Des opérations très limitées depuis 2025

L'accord a été signé entre Repsol, le ministère vénézuélien des hydrocarbures et PDVSA. En mars, le gouvernement vénézuélien avait déjà signé avec Repsol et la compagnie italienne Eni pour renforcer un projet gazier auquel les deux entreprises participent depuis 2009.

Les opérations de Repsol au Venezuela ont été très limitées depuis 2025 par la révocation unilatérale par Washington de sa licence d'exploitation, une décision qui a également concerné les autres acteurs étrangers présents sur place.

La manne pétrolière du Venezuela - qui détient les plus importantes réserves prouvées de brut du monde - a été au centre de l'intervention des États-Unis dans ce pays, dont ils ont arrêté et emprisonné le président Nicolas Maduro en janvier lors d'une opération militaire éclair à Caracas.

Les nouvelles autorités, dirigées par la présidente intérimaire Delcy Rodríguez, ont coopéré avec l'administration du président américain Donald Trump et introduit des réformes pour libéraliser le secteur.

Après que les États-Unis, qui ont assoupli l'embargo pétrolier instauré en 2019, ont accordé des licences à Repsol et à cinq autres majors pétrolières en février pour opérer au Venezuela, le directeur général de l'entreprise, Josu Jon Imaz, avait déclaré : "nous préparons tout pour relancer et reprendre nos activités".

Une hausse de la production vénézuélienne de 30 à 40 % d'ici fin 2026 ?

Lundi, c'est le géant américain Chevron qui avait signé un accord avec Caracas pour accroître la production de pétrole dans le pays, après un échange de licences avec PDVSA.

La perspective d'une augmentation de la production pétrolière vénézuélienne intervient alors que les marchés mondiaux sont confrontés à des perturbations d'approvisionnement depuis le Moyen-Orient, dues au conflit en Iran qui a fait grimper les prix.

Malgré ses immenses réserves, l'industrie pétrolière du Venezuela est très affaiblie après des années de désinvestissement et de corruption, auxquels s'ajoute un embargo imposé par les États-Unis en 2019.

Selon le dernier rapport de l'OPEP, le Venezuela a produit en février près d'un million de barils par jour, un chiffre encore très éloigné de son apogée de 3 millions de barils/jour il y a une vingtaine d'années.

S'exprimant auprès de l'AFP à Paris en février, le secrétaire américain à l'Énergie Chris Wright avait affirmé que la production pétrolière vénézuélienne pourrait augmenter de 30 à 40 % d'ici la fin 2026.

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