Un cap inédit de remplacement fixé par le METI
Le ministère de l’Industrie a préparé un projet visant à engager des remplacements de réacteurs en deux temps, avec jusqu’à cinq unités ciblées dans les années 2040 puis un total d’environ quatorze sur la décennie suivante, ont indiqué Kyodo News et NHK. Il s’agit, selon Kyodo, de la première fois que des objectifs chiffrés de renouvellement sont posés par le gouvernement. Le document devait être présenté vendredi lors d’une réunion ministérielle, avant un examen par le gouvernement de la Première ministre Sanae Takaichi au cours de l’été.
Le périmètre répond à un double enjeu, sécurité d’approvisionnement et décarbonation, alors que la demande électrique augmente sous l’effet des nouveaux usages numériques, notamment l’intelligence artificielle, les centres de données et les sites de production de semi-conducteurs. Des médias japonais cités par des agences étrangères évoquent une fourchette de puissance reconstruite de l’ordre de plusieurs dizaines de GW à l’horizon des années 2050, susceptible d’amortir une partie des mises à l’arrêt définitives attendues au fil du vieillissement du parc.
Capacité, sécurité d’approvisionnement et trajectoires 2040
L’industrie électrique japonaise estime qu’au cours des années 2040, le système pourrait faire face à un déficit d’environ 5,5 millions de kilowatts, soit l’équivalent d’environ cinq réacteurs, selon des éléments rapportés par Kyodo. Cette tension anticipée renforce l’intérêt d’un calendrier de « reconstruction » de tranches existantes par des unités nouvelles, afin de contenir les risques sur la pointe et de stabiliser les coûts d’approvisionnement.
Sur le plan de la politique énergétique, le 7e Plan stratégique de l’énergie approuvé en 2025 fixe une part d’environ 20 % pour le nucléaire à l’horizon de l’exercice 2040, avec un socle accru d’énergies renouvelables. Le projet de remplacements présenté par le ministère s’inscrit dans cette trajectoire et vise à préserver des volumes de production pilotables compatibles avec l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050.
Depuis l’accident de Fukushima Daiichi en 2011, l’ensemble des centrales japonaises avaient été stoppées, puis redémarrées progressivement après conformité aux exigences post‑Fukushima. En février 2026, quinze réacteurs étaient en exploitation commerciale au Japon, à la suite du redémarrage de la tranche 6 de Kashiwazaki‑Kariwa, selon des données publiques de suivi du parc. Ce niveau reste inférieur à la puissance installée d’avant 2011, ce qui explique l’insistance des autorités et des électriciens sur les remplacements à venir.
Les autorités mettent par ailleurs en avant la réduction de la dépendance aux combustibles fossiles importés et la nécessité de contenir l’empreinte carbone du secteur électrique. Le gouvernement doit désormais arbitrer, site par site, le calendrier opérationnel des projets, leurs modalités d’autorisation et les conditions d’acceptabilité locale. Le projet sera examiné par le cabinet au cours de l’été, ont indiqué les médias japonais.