
(©Iberdrola)
En avril 2025, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) avait publié une analyse mondiale inédite sur les liens entre IA et énergie. Un an plus tard, elle actualise ses constats et prévisions dans un nouveau rapport publié le 16 avril (accessible en bas de cet article).
« Sans précédent dans l'histoire de l'énergie »
Si l'intelligence artificielle est régulièrement montrée du doigt pour le fort impact énergétique lié à son usage (invisible pour les utilisateurs), « l'efficacité énergétique de l'IA s'améliore à un rythme sans précédent dans l'histoire de l'énergie », souligne l'AIE. Concrètement, les progrès logiciels et matériels ont « permis de réduire la consommation d'énergie par tâche d'IA d'au moins un ordre de grandeur par an ces dernières années ».
Les requêtes textuelles simples consomment désormais « généralement moins d'électricité que le fonctionnement d'un téléviseur pendant la même période », indique l'AIE. Selon les calculs de l'Agence, si l'ensemble des recherches « traditionnelles » sur Internet dans le monde étaient désormais réalisées avec de telles requêtes textuelles auprès d'une IA, cela entraînerait une consommation d'électricité de moins de 4 TWh par an, soit l'équivalent de moins de 1 % de la consommation annuelle des data centers à l'heure actuelle.
Mais si la consommation d'énergie par requête auprès des IA a donc « considérablement diminué », des usages beaucoup plus énergivores se multiplient : génération de vidéos, tâches automatisées, etc. Ces types de tâches peuvent « consommer des centaines, voire des milliers de fois plus d'énergie par requête que la simple génération de texte », met en garde l'AIE.
La demande mondiale d'électricité des centres de données – infrastructures essentielles à l'entraînement et à l'exécution des modèles d'IA – a augmenté de 17 % en 2025, conformément à ses projections, indique l'AIE.
Trois tendances « rapides et incertaines »
Dans son scénario central, l'AIE prévoit toujours un quasi-doublement de la consommation d'électricité des data centers dans le monde d'ici à 2030 (avec une prévision de 950 TWh - soit environ 3 % de la consommation globale à cet horizon - contre 485 TWh en 2025). Dans le détail, la consommation des data centers concentrés sur le déploiement de l'IA augmente plus rapidement encore : elle pourrait tripler durant cette période selon les prévisions de l'AIE.
L'Agence note toutefois que l'explosion de l'IA pourrait accélérer l'innovation dans le secteur électrique, compte tenu des investissements et des besoins en énergie associés. L'IA a par ailleurs « le potentiel de devenir un outil important pour renforcer la sécurité et la durabilité énergétiques », par exemple grâce aux technologies d'IA de surveillance des réseaux (tout en augmentant les risques de cyberattaques).
In fine, l'impact énergétique de l'IA dépend, rappelle le nouveau rapport, de « trois tendances rapides et incertaines : l'amélioration de l'efficacité, l'adoption croissante et l'évolution des capacités des modèles, qui peuvent ouvrir la voie à de nouveaux cas d'utilisation, souvent beaucoup plus énergivores ».
Afin d'améliorer la fiabilité des prévisions concernant le poids énergétique de l'IA, l'AIE souligne l'importance de conserver à l'avenir « un suivi rigoureux, des mises à jour régulières et une coopération avec le secteur technologique, notamment une plus grande transparence en matière de consommation énergétique ».