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Le ministre de l'Économie se veut rassurant sur l'impact en France du conflit au Moyen-Orient

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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"Pas de raison de se ruer" dans les stations-service ni de prévoir un mouvement "sur les taux d'intérêt": le ministre de l'Économie et le gouverneur de la Banque de France se sont voulus rassurants mardi au sujet de la guerre au Moyen-Orient, tout en affirmant suivre "de très près" la situation.

« Aucun risque d'approvisionnement à court terme »

"Ce conflit inédit crée évidemment des incertitudes économiques et financières que nous nous devons de suivre de très près", a souligné le ministre de l'Économie Roland Lescure lors d'un point presse à Bercy, en amont d'une réunion du Haut Conseil pour la stabilité financière.

Mais, a-t-il assuré, "il n'y a aucun risque d'approvisionnement à court terme en France ni sur le gaz, ni sur l'essence". "Donc ne créons pas un problème qui n'existe pas. On n'a aucune raison de se ruer aujourd'hui dans les stations-service", a-t-il ajouté.

Pour suivre la situation, Roland Lescure a précisé qu'un dispositif avait été mis en place à Bercy, avec une "cellule de crise qui se réunit une fois par jour" sous sa direction "pour suivre l'évolution des marchés financiers, des indicateurs économiques et, évidemment, les marchés de l'énergie".

Le ministre a échangé par ailleurs avec les représentants des services économiques régionaux concernés, "qui vont bien", a-t-il dit.

Des rencontres, qui ont commencé lundi, sont aussi mises en place quotidiennement en visioconférence "avec les filières industrielles, notamment les secteurs principalement concernés, l'énergie, le transport, la logistique, l'industrie", ainsi que la banque et l'assurance, et les organisations patronales (Medef, CPME, Afep).

« Certains éléments favorables »

Mardi, accompagné du ministre du Commerce Serge Papin et de la ministre déléguée à l'Énergie et porte-parole du gouvernement Maud Brégeon, il a insisté devant ces représentants sur "l'exposition directe peu importante" de la France aux produits énergétiques des pays concernés, "un peu plus de 10%" selon lui.

De même, les banques et les assureurs "sont très peu exposés", a-t-il ajouté.

Il a cependant semblé redouter "un effet prix un peu risqué" sur le gaz, dont le prix a augmenté de 50% à la suite de la fermeture du détroit d'Ormuz.

Quant aux marchés, qui demeurent dans le rouge mardi, M. Lescure a constaté "qu'à ce stade il n'y avait pas de panique".

Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau, présent le matin aux côtés de Roland Lescure, a estimé que "ce serait une erreur de prévoir aujourd'hui, dans la précipitation, un mouvement éventuel sur les taux d'intérêt" de la Banque centrale européenne (BCE).

"Je rappelle que nous ne déciderons pas seulement au vu des prix instantanés de l'énergie", a-t-il dit.

M. Villeroy de Galhau a par ailleurs jugé que l'économie française abordait "ces tensions avec certains éléments favorables, une inflation basse, une croissance relativement résiliente et un secteur financier solide, avec une exposition limitée sur le Moyen-Orient".

Mais "il faut un peu plus de recul, et notre Conseil des gouverneurs de la BCE disposera, lors de sa prochaine réunion dans 15 jours, les 18 et 19 mars, de prévisions économiques actualisées", a-t-il poursuivi.

Pour sa part, le Haut Conseil de Stabilité financière (HCSF) a ensuite constaté qu'à ce stade, les répercussions de la guerre sur le secteur financier "étaient limitées". Il a toutefois "a décidé d'accroître sa vigilance et d'engager un suivi renforcé".

Un risque inflationniste

Les Bourses mondiales étaient dans le rouge mardi, lestées par la flambée des prix du pétrole au quatrième jour de cette guerre, qui ravive les craintes d'une inflation généralisée.

Vers 14H00 GMT, la Bourse de Paris perdait 3,21%, Francfort 3,78%, Londres 2,85% et Milan 4,32%. La veille, les principales places européennes avaient déjà cédé environ 2%.

Tous les regards restent tournés vers le stratégique détroit d'Ormuz, qui sépare l'Iran de la Péninsule arabique et donne accès au Golfe, par lequel transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL).

Le prix du gaz flambait encore mardi, le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence du gaz naturel sur le Vieux Continent, bondissant de 26,36% à 56,24 euros vers 14H00 GMT.

Après s'être appréciés de plus de 6% lundi, les cours du pétrole continuaient eux aussi de grimper mardi, le baril de Brent de la mer du Nord dépassant les 83 dollars.

Une guerre prolongée au Moyen-Orient pourrait entraîner une forte poussée de l'inflation dans la zone euro, tout en pesant sur la croissance économique, a prévenu mardi Philip Lane, économiste en chef de la Banque centrale européenne (BCE), dans une interview au Financial Times.

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