Prix de clôture et catalyseurs de marché

À la suite d’informations sur un cadre d’accord américano‑iranien encore non validé par le président américain Donald Trump, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet a cédé 0,62 % à 93,71 dollars, après un pic intraday à 98,20 dollars. Le West Texas Intermediate (WTI) de même échéance a, lui, gagné 0,25 % à 88,90 dollars. L’analyste Stephen Schork observe que le marché « a appris à prendre ce genre de gros titres avec des pincettes », certains opérateurs y voyant « une partie de poker menteur entre Washington et l’Iran ».

Les échanges sont restés volatils, sur fond d’accusations réciproques de violations du cessez‑le‑feu et d’incertitudes sur la capacité à conclure rapidement. Parmi les acteurs, la sensibilité au risque géopolitique demeure élevée, en particulier sur le Brent, baromètre de l’offre exportée du Moyen‑Orient.

Ormuz fermé, contraintes physiques et calendrier d’accès

Selon Stephen Schork, « pour l’instant, nous n’avons pas de solution » et « le détroit d’Ormuz reste fermé ». Près d’un cinquième du pétrole mondial transite d’ordinaire par ce goulet d’étranglement, de facto bloqué depuis la fin février, ce qui soutient une prime de risque persistante. Même en cas de réouverture partielle, « il ne sera pas totalement praticable avant l’automne », anticipe l’analyste, évoquant des opérations de sécurisation et de déminage susceptibles de s’échelonner sur plusieurs mois.

Les données récentes confirment l’ampleur de l’enjeu logistique. En 2024, environ 20 millions de barils par jour, soit près de 20 % de la consommation mondiale de liquides pétroliers, sont passés par Ormuz, selon l’EIA américaine. En 2025, près de 15 millions de barils par jour de brut, soit environ 34 % du commerce mondial de brut, y ont transité, d’après l’Agence internationale de l’énergie. La pression sur l’offre reste donc crédible tant que la navigation dans le détroit d’Ormuz n’est pas normalisée.

PGSA iranienne et risque de sanctions

Sur le plan réglementaire, Téhéran a formalisé le 18 mai la création de l’Autorité iranienne du détroit du golfe Persique (PGSA), chargée de gérer le transit maritime et de percevoir des droits de passage. Washington a réagi en rappelant le risque de sanctions lié à tout paiement ou fourniture d’informations au titre de ces « péages » exigés pour garantir une traversée dite sécurisée.

Le Trésor américain a publié un « alert » de l’OFAC le 1er mai 2026 sur ces demandes de péage, puis a annoncé, le 27 mai, de nouvelles mesures ciblant les mécanismes associés, en précisant que l’exposition concerne des paiements en monnaies fiduciaires, en actifs numériques ou sous forme d’avantages en nature. La foire aux questions 1249 de l’OFAC a été actualisée le 29 mai 2026 pour détailler ces risques pour les opérateurs maritimes et financiers.