- Connaissance des Énergies avec AFP
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Le président syrien Ahmad al-Chareh a annoncé dimanche avoir signé un accord de cessez-le-feu avec le chef des forces kurdes en Syrie (FDS), Mazloum Abdi, après deux jours de rapide progression des forces syriennes dans des territoires kurdes du nord et de l'est du pays.
Le texte de l'accord en quatorze points publié par la présidence prévoit l'intégration des Forces démocratiques syriennes (FDS) et des forces de sécurité kurdes dans les ministères de la Défense et de l'Intérieur du pays.
Il comprend aussi la remise immédiate au gouvernement des provinces sous contrôle kurde de Deir Ezzor et Raqa, ainsi que la prise en charge par Damas des prisonniers du groupe jihadiste Etat islamique (EI) et de leurs familles détenus dans des prisons et des camps contrôlés par les Kurdes.
L'accord est un coup dur pour les Kurdes qui ambitionnaient de préserver leur administration autonome, instaurée de facto depuis plus d'une décennie dans le nord et le nord-est de la Syrie.
M. Chareh a précisé devant la presse avoir signé l'accord à distance avec M. Abdi, empêché pour des raisons météorologiques.
"Je recommande un cessez-le-feu complet", a insisté le président syrien juste après une rencontre avec l'émissaire américain pour la Syrie Tom Barrack, qui s'était entretenu la veille avec M. Abdi, à Erbil en Irak.
- "Tournant décisif" -
"Cet accord et ce cessez-le-feu représentent un tournant décisif, avec d'anciens adversaires privilégiant le partenariat plutôt que la division", a salué Tom Barrack.
Avant l'offensive syrienne, des négociations entre le pouvoir central et les Kurdes visant à intégrer leurs institutions civiles et militaires au sein de l'Etat, aux termes d'un accord conclu en mars 2025, étaient dans l'impasse.
Dans un geste apparent de bonne volonté, le président avait accordé vendredi par décret des droits nationaux inédits aux Kurdes, reconnaissant notamment leur langue comme officielle. Une mesure jugée insuffisante par l'administration autonome kurde du nord de la Syrie.
Le président islamiste syrien, qui a renversé Bachar al-Assad il y a plus d'un an, a insisté dimanche sur une nécessaire "souveraineté de la Syrie sur l'ensemble de son territoire".
- Reprise d'un grand champ pétrolier -
L'armée a notamment repris dimanche aux forces kurdes le plus grand champ pétrolifère de Syrie.
A l'aube, les FDS "se sont retirées de tous les secteurs sous leur contrôle" dans l'est de la province de Deir Ezzor, peuplée en majorité d'Arabes, dont "les champs pétrolifères de al-Omar", le plus grand du pays "et al-Tanak", selon une ONG.
Pour le ministre de l'Energie Mohammad al-Bachir, la reprise de contrôle par l'Etat des ressources naturelles "signifie ouvrir grand la porte à la reconstruction, au renouveau de l'agriculture, de l'énergie et du commerce".
Le champ d'al-Omar était sous le contrôle des forces kurdes depuis qu'elles en ont expulsé l'EI en 2017.
Pendant des années, ce site avait abrité la plus grande base de la coalition internationale antijihadiste menée par les Etats-Unis, qui a aidé les FDS à combattre l'EI, finalement défait en Syrie en 2019.
La minorité kurde avait alors profité du chaos de la guerre civile, qui a pris fin en 2024, pour s'emparer de vastes territoires du nord et du nord-est de la Syrie, incluant champs pétroliers et gaziers.
La semaine dernière, les forces gouvernementales ont délogé les combattants kurdes de quartiers d'Alep, puis les ont sommés de se retirer d'une zone située entre cette ville du nord du pays et l'Euphrate, plus à l'est.
A mesure que les forces kurdes se repliaient sans opposer de véritable résistance, les troupes gouvernementales ont progressé samedi et dimanche vers l'est en se rapprochant de Raqa, l'ancienne capitale de facto de l'EI, dans la province du même nom, où elles ont annoncé dimanche avoir pris le contrôle de la ville de Tabqa.
Selon l'agence Sana, deux civils ont été tués dimanche à Raqa par des tirs des FDS. L'OSDH a fait état d'affrontements dans plusieurs quartiers.
La minorité kurde, notamment répartie entre la Turquie, la Syrie, l'Irak et l'Iran, a souffert de décennies d'oppression en Syrie, où elle est estimée à quelque deux millions de personnes, sur 20 millions d'habitants.