Un signal d’abondance plus fréquent
Selon Thomas Veyrenc, directeur général économie, stratégie et finances de RTE, « ce qui nous intéresse, c’est le volume de prix négatifs », indicateur d’une consommation faible au regard d’une production abondante. Entre le 1er janvier et le 27 mai 2026, RTE a comptabilisé 306 heures de prix négatifs, contre 24 heures en 2023, avec des épisodes d’environ 5 heures et une moitié des occurrences très faiblement négatives. Le 1er mai 2026, le prix day‑ahead a touché −498 €/MWh, proche du plancher réglementaire, un plus bas inédit. ([greenunivers.com](https://www.greenunivers.com/2026/05/electricite-du-jamais-vu-dans-les-prix-negatifs-marches-422984/?utm_source=openai))
Cette année, ces situations sont apparues dès février, « Ça, c’est atypique, c’est nouveau », observe-t-il. Le phénomène survient surtout au printemps, lors des ponts de mai, quand la demande est contenue et que l’éolien et le solaire produisent davantage. « On a complètement changé de monde », ajoute-t-il, estimant que le système français « est beaucoup plus protégé aujourd’hui ».
Coûts et leviers d’équilibrage du système
La baisse sous zéro renchérit l’écoulement des MWh pour les producteurs et augmente les charges publiques au titre des contrats de soutien. Des réponses de système sont mobilisées ou à renforcer, parmi lesquelles la modulation des moyens pilotables, le développement du stockage par batteries et l’activation de la demande par les signaux tarifaires, notamment pour la recharge en heures creuses des véhicules électriques, en lien avec le prix de l’électricité.
Jusqu’ici, le nucléaire et l’hydraulique assuraient l’essentiel des baisses de charge lors des creux de consommation. « Depuis, le 1er janvier, tous les moyens de production, y compris renouvelables, s’ils sont supérieurs à 10 MW, ont l’obligation de participer à ce qu’on appelle le mécanisme d’ajustement », explique Thomas Veyrenc. L’objectif est que l’ensemble des filières contribue davantage à la flexibilité du système.
Surplus exporté et compétitivité des prix
Après la crise de 2022‑2023 marquée par des indisponibilités nucléaires et une hydraulique affaiblie, la France se retrouve en surproduction et exporte massivement. Les recettes nettes d’export en 2025 ont atteint 5,4 milliards d’euros, selon le Bilan électrique de RTE, reflet d’une forte production bas carbone et d’une demande en retrait. ([assets.rte-france.com](https://assets.rte-france.com/prod/public/2026-03/Bilan-electrique-2025-rapport-complet.pdf?utm_source=openai))
Malgré le renchérissement du gaz et du pétrole lié au contexte au Moyen‑Orient, « on a un prix de l’électricité en France qui est très stable depuis le début de la crise d’Ormuz », affirme le dirigeant, y voyant « un bouclier pour le consommateur ». En 2025, le prix spot moyen en France s’est établi autour de 61 €/MWh, contre 89 €/MWh en Allemagne, selon une note du ministère de l’Économie d’avril 2026. ([economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/cge/media-document/Optimisation_soutien_ENR_stock_Annexe.pdf?utm_source=openai))
Sur la période du 1er janvier au 27 mai 2026, le niveau moyen des épisodes négatifs ressort autour de −20 €/MWh, selon RTE.