Hausse annoncée et répartition par pays

À l’issue de la réunion semestrielle des 21 ministres de l’Énergie, le groupe s’apprête, selon plusieurs analystes, à relever une nouvelle fois ses plafonds de production. Jorge Leon, chez Rystad Energy, anticipe un ajout de 188 000 barils par jour, réparti entre sept producteurs : Arabie saoudite, Russie, Irak, Koweït, Kazakhstan, Algérie et Oman. Ce calibrage cible des membres disposant d’une marge technique pour augmenter leur offre lorsque les conditions le permettront.

Le volume envisagé prolonge la trajectoire des derniers mois, marquée par des relèvements successifs de faible amplitude. Il s’agit d’un infléchissement par rapport à 2023, année durant laquelle le cartel avait privilégié des coupes dites volontaires pour contrer le recul des cours, avant d’amorcer à partir d’avril 2025 une réinjection graduelle de barils sur le marché.

Capacités contraintes par le blocage d’Ormuz

Dans l’immédiat, les capacités mobilisables restent concentrées dans les pays du Golfe, dont les exportations et la production sont entravées par le blocage du détroit d’Ormuz attribué à l’Iran depuis le début du conflit régional. Selon les chiffres internes du groupe, la production totale de l’Opep+ a reculé de près de dix millions de barils par jour entre février et avril, ramenant l’écart entre quotas théoriques et volumes effectivement livrables.

Dans ce contexte, l’effet de la nouvelle hausse restera essentiellement déclaratif. Elle vise à « rassurer le marché sur le fait que le groupe fera tout son possible pour rétablir la production dès que le détroit d'Ormuz rouvrira complètement », explique à l’AFP Ole Hansen, de Saxo Bank. Il n’est pas attendu d’impact sur le prix du baril à l’ouverture de lundi, la contrainte logistique demeurant prioritaire sur la décision formelle.

Réforme des quotas et cohésion du groupe

Le cartel pourrait également préciser la réforme de la méthode d’allocation des quotas annoncée pour début 2027. Le principe discuté consiste à arrimer les objectifs nationaux aux capacités de production effectivement disponibles dans chaque pays, afin de réduire les écarts entre promesses et volumes réalisables lorsque les chocs d’offre se multiplient.

La question est sensible pour la stabilité interne de l’alliance, mise à l’épreuve par le départ des Émirats arabes unis effectif le 1er mai. Ce retrait souligne l’enjeu d’un cadre de répartition perçu comme équitable, alors que, même en cas d’accord entre les États-Unis et l’Iran, « plusieurs producteurs pourraient avoir du mal à retrouver pendant un certain temps leurs niveaux de production d’avant-guerre », précise l’analyste.