Vers des dérogations par pays pour l’achat de cargaisons en transit

Washington limite habituellement les transactions liées au pétrole russe pour sanctionner l’invasion de l’Ukraine par Moscou. Une dérogation, instaurée en mars pour atténuer la poussée des prix liée à la guerre au Moyen-Orient, autorise toutefois la plupart des pays, à l’exclusion notamment de l’Iran et de Cuba, à acheter du brut russe déjà en mer. Cette mesure, prorogée à plusieurs reprises, est valable jusqu’au 17 juin.

« De nombreux pays parmi les plus vulnérables m'ont demandé de prolonger la dérogation », a déclaré Scott Bessent lors d’une audition à la Chambre des représentants. « Je penche fortement pour que, s'il devait y avoir d'autres dérogations, elles désignent des pays spécifiques plutôt que d'être générales », a ajouté le secrétaire au Trésor.

Objectif affiché et critiques européennes

L’architecture de sanctions vise à réduire les revenus pétroliers du Kremlin afin de limiter sa capacité à financer la guerre en Ukraine. L’Union européenne a critiqué la dérogation américaine, jugeant inopportun d’alléger la pression exercée sur la Russie.

Scott Bessent a affirmé que la Russie « n'a enregistré qu'une très faible augmentation de ses recettes en raison des dérogations ». Il a souligné que la Chine importait déjà du pétrole russe avant ce dispositif et que « maintenant le pétrole peut aller vers nos alliés ».

Marchés sous tension et rôle du détroit d’Ormuz

Les marchés de l’énergie restent perturbés depuis le lancement fin février par les États-Unis et Israël d’une offensive contre l’Iran. Téhéran contrôle le détroit d'Ormuz, utilisé comme levier stratégique, où les passages de navires se font au compte‑gouttes et où un droit de transit est réclamé par l’Iran.

Dans ce contexte, Washington envisage de substituer à la dérogation générale un régime ciblé par pays pour les cargaisons déjà en mer. La dernière prorogation actuelle court jusqu’au 17 juin.