Prix du gazole: le gouvernement veut rassurer les pêcheurs

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Le gouvernement a réuni vendredi les représentants de la pêche mais aussi leurs fournisseurs de carburants et leurs banquiers pour "trouver des solutions concrètes" face à la hausse des prix du gazole qui menace les pêcheurs de travailler à perte.

"Le retour que nous avons des ports, c'est une augmentation très rapide, avec un carburant qui atteint à certains endroits 95 centimes, voire plus d'un euro (le litre, ndlr) en Corse", a déclaré au début de la réunion à Bercy Catherine Chabaud, ministre de la Mer et de la Pêche.

Ces hausses correspondent à plusieurs dizaines de centimes supplémentaires par litre, en raison de la guerre au Moyen-Orient et des tensions sur les hydrocarbures.

"Cette augmentation fait que souvent le poste carburant avoisine 50% de leur chiffre d'affaires", a-t-elle ajouté.

La ministre a listé trois priorités: limiter les augmentations du prix à la pompe avec plus de lisibilité pour les professionnels, reporter "des encours de prêts" bancaires et créer à moyen terme "un système assurantiel". A long-terme, il faut moderniser la flotte vieillissante pour "réduire le lien avec les énergies fossiles".

"Il y a une solidarité de tous, tout le monde est conscient qu'il faut venir en soutien des producteurs", a déclaré à l'AFP après la réunion Olivier Le Nezet, président du Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM), évoquant des reports de prêt au cas par cas pour les pêcheurs.

Le mécanisme assurantiel mentionné permettrait aux armateurs de souscrire une assurance permettant de compenser les différences de prix lorsque ceux-ci s'envolent, pour que les bateaux puissent sortir en mer. Il n'est toutefois pas encore prêt à être déployé selon M. Le Nezet du CNPMEM, qui avait demandé plus tôt dans la semaine des "mesures d'urgence".

En mars 2022, après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, les pêcheurs français avaient obtenu de l'Etat une aide exceptionnelle équivalente à 35 centimes par litre.

"On mesure les impacts sociaux, parce que derrière, c'est des emplois, des salaires qui sont potentiellement impactés", a déclaré vendredi Maud Brégeon, ministre déléguée à l'Energie, pour qui la priorité est de débloquer le détroit d'Ormuz, stratégique pour les hydrocarbures.

"Certains distributeurs (...) se sont engagés à répercuter immédiatement les baisses qu'on observe sur les cours du pétrole dans les stations-service", a-t-elle ajouté, précisant qu'il fallait qu'il en soit de même pour les pêcheurs et les agriculteurs, reçus jeudi.

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