- Connaissance des Énergies avec AFP
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Le Conseil des gouverneurs de l'AIEA a adopté jeudi une résolution, malgré l'opposition inédite des Etats-Unis, pour exprimer sa "préoccupation" face aux "attaques répétées et intensifiées contre les infrastructures énergétiques de l'Ukraine", qui représentent une "menace pour la sûreté nucléaire", selon des diplomates.
Depuis l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, il s'agit de la première résolution adoptée par cette instance de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sans les Etats-Unis.
"Bien que nous continuions de soutenir le travail de l'AIEA dans le pays, nous ne soutenons pas l'examen par le Conseil d'un projet de résolution inutile qui ne contribue pas à instaurer la paix entre l'Ukraine et la Russie", avait déclaré en amont le chargé d'affaires américain Howard Solomon.
La résolution, présentée par le Canada et les Pays-Bas, a été adoptée par vingt voix pour, quatre contre et dix abstentions, a indiqué l'un des diplomates à l'AFP sous couvert d'anonymat.
La Chine, la Russie, le Niger et "pour la première fois", les Etats-Unis ont voté contre, a précisé la même source.
La résolution relève "avec préoccupation" que, dans ses rapports, le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, a indiqué que les attaques ont créé des "risques accrus" pour les centrales nucléaires.
Les attaques visant l'infrastructure énergétique de l'Ukraine, essentielle à l'alimentation électrique externe des centrales nucléaires constituent une menace directe pour la sûreté et la sécurité nucléaires", selon les termes de la résolution.
La résolution demande également à M. Grossi de proposer "des mesures supplémentaires pour prévenir un accident nucléaire si de nouveaux risques apparaissent".
Les centrales nucléaires ukrainiennes, dont la plus grande d'Europe, celle de Zaporijjia, occupée par les forces russes depuis mars 2022, ont été à plusieurs reprises affectées par les combats, subissant notamment des pertes d'alimentation électrique externe.
Les six réacteurs de la centrale de Zaporijjia sont à l'arrêt depuis le début l'occupation. Mais le site a toujours besoin d'électricité pour maintenir ses systèmes de refroidissement et de sûreté.
Moscou et Kiev s'accusent régulièrement de faire courir le risque d'une catastrophe nucléaire en attaquant le site.