- Connaissance des Énergies avec AFP
- parue le
Le géant britannique des hydrocarbures Shell a publié jeudi un bénéfice net en forte augmentation au premier trimestre, porté par des prix du pétrole au plus haut avec la guerre au Moyen-Orient, mais a prévenu que le conflit plombe sa production de gaz.
Le bénéfice net s'établit à 5,694 milliards de dollars, en progression de 19% par rapport aux 4,780 milliards engrangés au premier trimestre 2025.
Le chiffre d'affaires est lui quasi stable, à 70,133 milliards de dollars de janvier à mars (contre 70,152 milliards sur cette période l'an passé).
Il s'agit de "solides résultats" lors d'un trimestre "marqué par des perturbations sans précédent sur les marchés mondiaux de l'énergie", a résumé dans un communiqué le directeur général de Shell, Wael Sawan.
Le groupe explique qu'il a bénéficié au premier trimestre non seulement d'"une contribution plus élevée des activités de négoce", mais aussi de "prix réalisés plus élevés" et de "marges de raffinage accrues".
- Déclin dans le gaz -
La période a été marquée par le début de la guerre au Moyen-Orient, lancée le 28 février, qui a rapidement entraîné une hausse des prix du pétrole brut.
Le baril de Brent, référence mondiale, valait en moyenne près de 100 dollars en mars, alors qu'il évoluait le plus souvent sous les 70 dollars dans les semaines avant le début des hostilités.
Mais au-delà de cette hausse, le prix du pétrole a aussi énormément fluctué au gré des évolutions de la guerre, flirtant même avec les 120 dollars courant mars, ce que les traders de Shell ont su exploiter.
En dépit de cette progression des profits, l'action Shell évoluait en baisse d'environ 1,8% jeudi matin, à la Bourse de Londres.
La réaction du marché est due aux prévisions de l'entreprise, qui attend un déclin d'au moins 30% de sa production de gaz au second semestre par rapport au premier, à cause du conflit au Moyen-Orient.
Le site de Ras Laffan, dans le nord du Qatar, plus grand pôle de liquéfaction de gaz au monde, a souffert de dommages importants après avoir été pris pour cible à plusieurs reprises depuis le début de la guerre.
"Il est actuellement prévu que la remise en état complète" prenne "environ un an", a souligné Shell jeudi.
Le groupe BP, concurrent britannique de Shell, avait lui aussi présenté fin avril un bénéfice trimestriel porté par le négoce pétrolier dans le contexte de la guerre.
- "Profits monstrueux" -
"Une fois de plus, les géants des combustibles fossiles empochent des profits monstrueux", a déploré dans un communiqué Danny Gross, de l'ONG Friends of the Earth, appelant à "renforcer la taxe exceptionnelle sur ces profits".
Tout comme BP, Shell a revu ces dernières années en baisse plusieurs de ses objectifs climatiques, au profit du pétrole et du gaz, dans l'espoir d'accroître ses bénéfices.
Le groupe a annoncé le 27 avril un accord pour acquérir la société énergétique canadienne ARC Resources, pour une valeur d'entreprise d'environ 16,4 milliards de dollars américains, ce qui doit lui permettre de se renforcer notamment dans la production de gaz et de liquides de schiste.
Parallèlement à la publication de ses résultats, Shell a annoncé jeudi à ses actionnaires le rachat de 3 milliards de dollars de ses propres actions, après 3,5 milliards le trimestre précédent, ainsi qu'une hausse de son dividende.
Cependant, "l'entreprise ralentit le rythme de ses rachats trimestriels", a relevé Susannah Streeter, analyste chez Wealth Club.
"C'est le signe qu'une plus grande prudence s'installe, a-t-elle jugé, et que la direction continue de surveiller l'évolution du conflit plutôt que d'augmenter agressivement les rendements versés aux actionnaires."
zap/ode/er