The Shift Project dévoile « 20 chantiers incontournables » pour espérer la neutralité carbone en 2050

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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The Shift Project a publié mardi son "Plan robuste pour l'économie française", qui développe vingt "chantiers" grâce auxquels la France peut atteindre une neutralité carbone en 2050, selon le centre de réflexion.

Des ambitions détaillées dans 6 secteurs

"Il y a 20 chantiers incontournables si on veut réussir la décarbonation de la France et il y a un certain nombre de conditions à aligner pour la réussir", a affirmé Clément Caudron, chef de projet "Stratégie de transition robuste" lors d'une conférence de presse.

The Shift Project a identifié ces axes de progression dans six secteurs: les transports (déployer massivement le vélo, étendre les transports en commun, relancer le fret ferroviaire…), le logement (rénover les logements et déployer les pompes à chaleur), le numérique (maîtriser le déploiement de centres de données), l'industrie (produire de l'acier bas-carbone en France, capter, stocker et valoriser le CO2...), l'énergie (prolonger et relancer le nucléaire, déployer l'éolien et le photovoltaïque...) et l'agriculture (préserver les puits de carbone, transformer les systèmes d'élevage...).

Pour chaque chantier, plusieurs scénarios ont été élaborés : réussite haute, intermédiaire ou basse.

Par exemple, pour le nucléaire, la version ambitieuse est d'avoir 14 nouveaux EPR2 d'ici 2050, celle intermédiaire est d'en construire 6 et la version basse est d'en avoir zéro.

« Très peu de marges »

Si tous les axes de progression atteignent les objectifs ambitieux, la neutralité carbone devient une réalité en France à l'horizon 2050.

"On a très peu de marges, on ne peut pas se permettre de faire l'impasse sur tel ou tel chantier (...) On a pris trop de retard sur la décarbonation, il faut tout accélérer en même temps", selon Nicolas Raillard, responsable de la coordination des projets, qui entend influencer les débats pendant la campagne présidentielle.

Le succès des différents chantiers de décarbonation "dépend de conditions clés" selon The Shift Project, "dont la réalisation reste incertaine et la maîtrise totale ne peut être garantie": construction des infrastructures, innovation technologique, rythmes industriels, recrutement et formation, évolution des usages et conditions agronomiques et sylvicoles.

Le rapport sera suivi d'autres plus sectoriels sur la santé, l'emploi, le fret et l'industrie et par la publication d'un livre en octobre. The Shift Project, créé en 2010 et présidé par l'ingénieur et consultant Jean-Marc Jancovici, est un groupe de réflexion qui produit des études sur "les enjeux clés de la décarbonation" et veut influencer le débat sur les défis climatiques et énergétiques.

Commentaires

FRANCK BOILEAU
Il est possible voire nécessaire de s'engager dans ces 20 chantiers sans attendre la campagne présidentielle mais en profitant de l'élan fourni par les Municipales 2026 : là où en particulier les Shifters ont pu être en contact avec les listes candidates et idéalement rester en accompagnement apartisan et "technique" des équipes élues, il y a possibilité d'utiliser ceux des chantiers qui coincident avec les besoins locaux pour les expliquer et les mettre en oeuvre rapidement.
Rochain Serge
Monsieur Jancovici ne craint plus que le TGV s'arrete quand le vent tombe ? Il a enfin compris que le renouvelable, réparti sur le territoire, était une énergie locale plus proche des utilisateurs que l'énergie issue de quelques 57 réacteurs nucléaires toujours très loin des lieux de consommation ? Non Monsieur Jancovici, ce n'est pas parce que le réseau est national que la production d'une éolienne du Nord Pas de Calais alimentera le rasoir électrique d'un basque. Comment croire ce que dit Jancovici aujourd'hui après toutes les fakes qu'il a répandu il n'y a encore que 3 ou 4 ans ? Serge Rochain
Serge Rochain
je vous ai donné deux exemples mais procurez vous les vidéos de ses conférences et vous en aurez une tartine.
En 2 mots
Il faut donner à Janco la possibilité de s'amender davantage. C'est vrai que le shift était grandement prisonnier de ses subventions de la part des grands majors des domaines petroliers et nucléaires. Le shift a pris conscience que cette situation était devenue intenable, à tel point qu'ils ne mettent plus en premiere priorité l'electronucléaire. souhaitons que la raison l'emportera rapidement.

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