Un investissement majeur pour Mulhouse et un démarrage en 2029
Le chef de l’État a réuni à l’Élysée une « équipe de France de l’électrification » et a présenté un projet industriel visant à produire à Mulhouse, à partir de 2029, une nouvelle génération de véhicules électriques, pour un montant supérieur à un milliard d’euros. Stellantis n’a pas détaillé immédiatement le périmètre, indiquant « travailler avec [ses] parties prenantes, en premier lieu les partenaires sociaux, sur l’avenir de [ses] usines, y compris celle de Mulhouse ». Un comité social et économique du site est prévu jeudi matin, conformément à l’obligation d’information préalable des représentants du personnel avant toute communication officielle.
Le site mulhousien (environ 4 000 salariés) était en attente de l’affectation d’un nouveau véhicule, contrairement à d’autres usines françaises du groupe. Il assemble aujourd’hui les 308 et 408, et pour quelques semaines encore des DS7, avec une production annuelle d’environ 135 000 véhicules, en deçà des 200 000 d’avant-Covid, et une cadence réduite d’environ 30 véhicules par heure, selon des représentants syndicaux. « Pour nous c’est une très bonne nouvelle parce qu’on n’a jamais vu une somme aussi énorme ces dernières décennies sur aucun site en France », a déclaré Ronald Laventin (CFDT), évoquant un renfort d’équipes projet et une montée en régime vers 2029.
Le contenu industriel précisé par Stellantis
Stellantis a officialisé le 2 juin que l’enveloppe supérieure à un milliard d’euros en France permettra à Mulhouse de produire, à partir de 2029, trois nouveaux modèles Peugeot électrifiés du segment C, reposant sur la plateforme STLA One. Ce segment représente environ 30 % des ventes automobiles en Europe, selon Stellantis, ce qui doit conforter l’activité du site et l’offre de voitures électriques de la marque.
Le groupe rattache ce projet au plan FaSTLAne 2030 présenté le 21 mai, qui prévoit plus de 60 lancements d’ici 2030 et 60 milliards d’euros d’investissements sur cinq ans. La CFE-CGC, premier syndicat de Stellantis, demande toutefois des « annonces concrètes » et des précisions sur les effets industriels et sociaux, alors que la direction a également annoncé une réduction des capacités de production de 800 000 unités en Europe. « Ces points doivent être clarifiés sans délai lors du comité central du 18 juin », souligne l’organisation syndicale.