TotalEnergies annonce la reprise de son méga-projet gazier au Mozambique, après 5 ans d'arrêt

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Le géant de l'énergie français TotalEnergies a officiellement annoncé jeudi la reprise de son vaste projet gazier controversé au Mozambique, après cinq ans d'interruption consécutive à une attaque jihadiste meurtrière.

Plus de 4 000 travailleurs sur le site

Ce projet de 20 milliards de dollars, situé dans la province septentrionale du Cabo Delgado, à la frontière avec la Tanzanie, avait été suspendu après une attaque jihadiste sanglante en mars 2021 qui aurait fait quelque 800 morts, selon l'ONG Acled.

"Je suis ravi d'annoncer la reprise complète du projet Mozambique LNG (...) La force majeure est levée", a déclaré le président directeur général de TotalEnergies Patrick Pouyanné, lors d'une cérémonie en présence du président du Mozambique Daniel Chapo, à Afungi.

TotalEnergies avait déjà annoncé fin octobre la décision du consortium Mozambique LNG de lever la force majeure décrétée en avril 2021. Mais la reprise était conditionnée à l'approbation par le gouvernement de Maputo d'une compensation de 4,5 milliards de dollars liée aux surcoûts dus au retard et d'une extension de la concession de dix ans, en plus d'un rattrapage des quatre ans et demi perdus.

Plus de 4 000 travailleurs se trouvent aujourd'hui sur le site dont 80% sont des ressortissants mozambicains, a déclaré M. Pouyanné. TotalEnergies détient une participation de 26,5 % dans Mozambique LNG, et en est l'opérateur.

Ce projet, qui doit entrer en production en 2029, "fera de la région une nouvelle source de sécurité énergétique mondiale", a affirmé M. Pouyanné. "C'est un jour de célébration pour le Mozambique, pour l'Afrique et pour le monde", a déclaré le président Chapo. Le Mozambique a été "capable de surmonter les défis et de restaurer la confiance des investisseurs nationaux et étrangers", a-t-il ajouté.

Plus grand investissement privé dans les infrastructures énergétiques en Afrique

À l'origine, en 2020, le consortium Mozambique LNG avait conclu un accord de financement de 15,4 milliards de dollars, impliquant 30 prêteurs. Mais le projet a perdu début décembre 2025 le soutien financier des gouvernements britannique et néerlandais à travers leurs agences de crédit à l'exportation, UKEF et Atradius. La Grande-Bretagne, qui a notamment évoqué des "risques", avait promis un soutien financier qui aurait pu atteindre 1,15 milliard de dollars.

TotalEnergies a par la suite indiqué que les partenaires de Mozambique LNG avaient décidé "à l'unanimité d'apporter des fonds propres supplémentaires pour remplacer les contributions de UKEF et Atradius, représentant au total environ 10% du financement externe".

Présenté comme le plus grand investissement privé dans les infrastructures énergétiques en Afrique, le projet devrait créer des milliers d'emplois et contribuer à faire du pays, doté de gigantesques réserves sous-marines de gaz au large de la province du Cabo Delgado, l'un des plus grands exportateurs mondiaux de gaz naturel liquéfié (du gaz à l'état liquide transporté par bateau), notamment à destination de clients asiatiques et européens.

Mais les organisations environnementales dénoncent une "bombe climatique", qui contribuerait à rejeter des gaz à effet de serre dans l'atmosphère et profiterait peu aux Mozambicains, dont plus de 80% vivaient sous le seuil de pauvreté de 3 dollars par jour en 2022, selon la Banque mondiale.

Des procédures et une insurrection qui persiste

L'annonce du redémarrage intervient alors que TotalEnergies est visé par deux procédures judiciaires en France. Une enquête notamment pour homicide involontaire est en cours après des plaintes de survivants et de familles de victimes de l'attaque contre la ville voisine du projet à Palma (Nord) de mars 2021, lui reprochant de ne pas avoir assuré la sécurité de ses sous-traitants.

L'entreprise est aussi visée par une plainte pour "complicité de crimes de guerre, torture et disparitions forcées", déposée par l'ONG allemande European Center for Constitutional and Human Rights auprès du parquet national anti-terroriste. Elle faisait suite à des témoignages recueillis par le média Politico accusant des soldats mozambicains chargés à l'époque de protéger le site d'avoir détenu, torturé et tué des civils, entre juillet et septembre 2021. TotalEnergies rejette l'ensemble de ces accusations.

Le nord du Mozambique n'a pas connu d'attaque d'une ampleur comparable à celle de 2021, mais des attaques régulières contre des civils et militaires sont toujours attribuées à des insurgés jihadistes. L'insurrection dans le nord mozambicain a fait plus de 6 200 morts depuis 2017, selon l'ONG Acled, qui collecte des données sur les zones de conflit.

Commentaires

Alain Stolz
Lorsqu'il y a des réserves à piller, Total est toujours dans les parages. Néo colonialisme, quand tu nous tiens...
Silicate
l'ordre pubmic est du ressort du gouvernement, pas des compagnies
ant
Le commentaire d'Alain Stolz est immonde. Ca pue la haine crasse de l'Europe. Dans un tel projet les entreprises internationales investissent des fortunes et la majorité de la rente de la concession profite à l'Etat (et logiquement à la population, si l'Etat redistribue effectivement, en Afrique ça dépend des pays, mais ce n'est pas la faute des "blancs"). Total et ses partenaires ne vont toucher qu'une fraction. Et d'ailleurs, la composition de l'actionnariat est : TotalEnergies has a 26.5% stake in the Mozambique LNG consortium. Japan's Mitsui owns 20%, with ENH at 15%, and Bharat Petroleum, Oil India, and ONGC Videsh all on 10%. Thailand's holds the remaining 8.5% stake. Donc un mélange entre la France, le Japon, le Mozambique, l'Inde et la Thailande... On est au XXIème siècle, il faut changer ses oeillères, le monde a changé en un siècle...
Hélène de la R…
Ce qu'ant et les cuistres de son genre comme Silicate n'ont pas compris, c'est que TotalEnergies n’a pas payé d’impôt sur les sociétés en France pendant plusieurs années.
Alors que TotalEnergies engrange les profits record, le groupe n’a pas payé un seul euro d’impôt sur les sociétés en France en 2020 et 2021.
Vous pouvez vérifier ces informations vous-même puisqu'elles sont consignées dans un rapport que TotalEnergies a publié en mars 2022 qui n’a pas eu l’attention qu’il mérite (TotalEnergies, Tax Transparency, Report 2019-2020, mars 2022). Dans un effort, louable, de transparence, TotalEnergies y consigne des données portant sur les bénéfices réalisés et l’impôt sur les sociétés payé pays par pays. Si un tel rapport doit-être remis à l’administration fiscale depuis 2017, c’est la première fois que TotalEnergies le rend public, avec les données relatives aux exercices comptables des années 2019 et 2020.
Qu’y trouve-t-on ? D’abord la confirmation que TotalEnergies n’a pas payé d’impôt sur les sociétés en France en 2021 suite à ses résultats de 2020. Ce n’est guère surprenant si l’on tient compte du fait que l’impôt sur les bénéfices d’une année donnée est calculé en fonction des profits de l’année précédente. Ce n’est guère surprenant : en 2020, année de la pandémie, une bonne part de l’économie de nombreux pays, dont la France, était à l’arrêt.
Voyez-vous, cette année-là, TotalEnergies a annoncé avoir réalisé 5,9 milliards d’euros de pertes mondiales cumulées, dont 0,9 milliard euros environ en France. Il paraît donc logique que le groupe n’ait pas payé d’impôt sur les bénéfices l’année suivante. En 2020, Total a quand même versé 7,6 milliards d’euros à ses actionnaires, malgré ses pertes abyssales.
Plus surprenant, ce rapport nous apprend que TotalEnergies n’a pas payé d’impôt sur les bénéfices également en 2020. Le groupe avait pourtant réalisé en 2019 un bénéfice mondial très confortable de plus de 10 milliards d’euros. Le groupe précise qu’il a réalisé cette année-là une perte fiscale en France, selon les règles fiscales françaises en vigueur, qui l’ont conduit à ne pas y payer d’impôts sur les sociétés.
Il a même encaissé un chèque de 124 millions d’euros de la part du Trésor public en remboursement d’un trop perçu. Ici, l’étonnement est de rigueur. Comment un groupe qui fait 10 milliards d’euros de profits peut n’en avoir réalisé aucun dans un pays où son siège est installé et qui représente 21 % de son activité, 35 % de ses effectifs, 44 % du capital social de toutes les entités juridiques du groupe, ou encore 66,5 % des bénéfices cumulés et non distribués par le groupe ?
Le fait que TotalEnergies ne paye pas d’impôt sur les bénéfices en France n’est pas nouveau. Déjà en 2015, le PDG du groupe, Patrick Pouyanné, reconnaissait que son groupe n’avait pas payé d’impôts sur les sociétés de 2012 à 2015 - alors que son groupe faisait des résultats mondiaux très largement positifs.
Sachez que comme de nombreuses autres entreprises multinationales du CAC40, TotalEnergies recourt à des pratiques d’optimisation fiscale afin de ne déclarer chaque année que des bénéfices négatifs, nuls ou faibles en France afin d’y limiter son imposition.
Alain Stolz
Ant, quel rapport avec l’Europe ? C’est Total que je critique, pas l’Europe.
Dans un jugement du 23 octobre 2025, le Tribunal judiciaire de Paris a condamné le Groupe TotalEnergies pour greenwashing sur le fondement de pratiques commerciales trompeuses. De plus, Au nord du Mozambique, Total prévoit de développer un projet colossal d’extraction et d’exportation de gaz fossile. Au-delà de la menace que représente ce projet pour le climat, il est responsable de graves violations des droits humains et lié à des crimes présumés contre des civil·es.
Le groupe TotalEnergies est d’ailleurs visé par une plainte pour « complicité de crimes de guerre » au Mozambique. La présence accrue d’entreprises étrangères, perçues comme des symboles de pillage des ressources locales, contribue fortement à exacerber les tensions, faisant des infrastructures gazières des cibles prioritaires des attaques. Le développement gazier au Mozambique s’accompagne d’une militarisation croissante, poussée par les majors dont Total, non sans aggraver le conflit armé. La population civile se trouve en première ligne, prise en étau dans ces violences.
Repassez quand vous connaîtrez le dossier.

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