- Connaissance des Énergies avec AFP
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Les conséquences de la guerre au Moyen-Orient commencent à se faire sentir à la pompe des stations-service françaises : le gouvernement constate "une hausse de quelques centimes" des prix et a prévenu que des contrôles auront lieu pour s'assurer que cette inflation reste "raisonnable".
« Il n'y aura pas de pénurie nationale »
Le prix de l'essence "augmente de quelques centimes actuellement", a indiqué mercredi le ministre de l'Économie Roland Lescure sur Franceinfo, une hausse "normale compte tenu de la hausse du prix du pétrole", selon lui.
D'après les relevés quotidiens des prix des stations centralisés par Bercy, le litre de SP95-E10 se vend mercredi en moyenne pour 1,77 euro, 5 centimes de plus que le 27 février, veille des premières frappes israélo-américaines en Iran. Roland Lescure a toutefois appelé à "garder son sang-froid". "Il n'y aura pas de pénurie nationale", a-t-il tempéré.
La ministre déléguée à l'Énergie et porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a, elle, déclaré qu'"à court terme, on peut s'attendre à une hausse de quelques centimes, contenue et limitée", en précisant qu'il s'agissait d'une moyenne et qu'il y aurait des "différences d'une station-service à une autre", sur BFMTV/RMC.
🔴 🗣 Prix du carburant : "On aura une vigilance accrue à ce que les répercussions aux prix à la pompe n'aillent pas plus loin que ce que l'on observe sur l'évolution du cours du pétrole", déclare Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement. #canal16pic.twitter.com/HkLYWYJJQ8
— franceinfo (@franceinfo) March 4, 2026
"Pour la suite, cela dépendra de l'intensité du conflit", dit-elle, assurant qu'il n'y a "aucun risque de rupture d'approvisionnement" en carburants en raison de "stocks" et d'importations diversifiées.
"J'ai demandé à la DGCCRF", la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes, qui dépend du ministère de l'Économie, "de faire des contrôles" pour "s'assurer effectivement qu'on est sur des hausses de prix, je dirais, raisonnables compte tenu de la hausse du prix du baril", a déclaré Roland Lescure.
Une nette hausse « à prévoir » selon Michel-Edouard Leclerc
Dimanche soir, Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc qui sont leaders français de la grande distribution, avait estimé qu'une "nette hausse des marchés" d'hydrocarbures était "à prévoir".
"Pour rappel, sous l'effet du conflit en Ukraine et des sanctions européennes contre la Russie, les prix avaient atteint des records historiques en mars (2022, NDLR), 2,248 euros par litre en moyenne" dans les stations-service portant l'enseigne Leclerc, déclarait-il sur X.
Carburant : tous aux comparateurs de prix.
Une nette hausse des marchés est à prévoir. Les tensions en Iran alimentent les craintes d'une envolée des prix du brut, qui pourraient retrouver les sommets de 2022.
Pour rappel, sous l'effet du conflit en Ukraine et des sanctions… pic.twitter.com/7joTkjiVfI— Michel-Edouard Leclerc (@Leclerc_MEL) March 1, 2026
Du côté d'Intermarché, "dans les stations, on remarque, depuis le début de la semaine, une hausse de 50% en volume" des ventes de carburant, a indiqué à l'AFP le distributeur.
Dans ce genre de situation, les consommateurs ont tendance à anticiper d'éventuelles hausses et pénuries en s'approvisionnant plus tôt qu'ils ne l'auraient fait habituellement, ce qui peut entraîner des files d'attente, voire quelques ruptures temporaires.
« Beaucoup trop tôt pour parler de cela »
Soulignant la "grande imprévisibilité sur l'étendue du conflit dans le temps et dans l'espace", Maud Bregeon a estimé mercredi qu'il était "beaucoup trop tôt pour en tirer des conclusions définitives".
Interrogée sur l'éventualité de mesures à prendre pour compenser une hausse marquée, elle a répondu qu'il était "beaucoup trop tôt pour parler de cela" et que la priorité était de travailler à la réouverture du détroit d'Ormuz, porte d'accès au Golfe, par lequel transite quotidiennement une partie significative du gaz et du pétrole mondial.
Mme Bregeon a notamment jugé "précipitée" la proposition de la cheffe des députés Rassemblement national (RN) Marine Le Pen plus tôt mercredi sur RTL de baisser des taxes sur les carburants pour compenser les hausses.
Le RN réclame depuis plusieurs années une baisse de la TVA de 20% à 5,5% sur les carburants, le fioul et le gaz. Le président du parti Jordan Bardella a appelé lundi sur X à baisser l'accise sur les produits pétroliers (ex TICPE), disant qu' "il ne serait pas tenable que l'État s'enrichisse sur le dos des Français en profitant de la crise internationale".
"Face aux risques d'envolée des prix de l'énergie engendrée par la situation au Moyen-Orient, l'État français et l'Union européenne doivent anticiper dès maintenant les conséquences pour le quotidien des Français", estimait-il. Maud Bregeon a jugé "inconcevable" de baisser TVA et TICPE, ce qui constituerait un trou de près de 20 milliards d'euros dans le budget de l'État.
Selon J. Bardella, le coût de 17 milliards d’euros (!) par de baisse de TVA sur l’énergie serait compensée par « la hausse des bases »
Les calculs ne sont pas bons
Et non, il n’est toujours pas dit que ces événements auront un impact sur les prix français de l’électricité https://t.co/BJkOX8y8oC— Nicolas Goldberg (@GoldbergNic) March 2, 2026

