Un réseau de sociétés écrans et une flotte « fantôme » visés

Le département d’État a placé sur liste noire plusieurs personnes et entités accusées d’avoir organisé des transferts de gaz de pétrole liquéfié vers l’Asie du Sud et de l’Est « pour une valeur cumulée de plusieurs centaines de millions de dollars ». Selon Washington, les flux incriminés tentaient d’échapper aux contrôles habituels, avec des opérations maritimes discrètes et des chaînes d’intermédiaires opaques.

« Ce réseau a eu recours à des sociétés écrans aux Émirats arabes unis et en Chine, ainsi qu’à la flotte fantôme iranienne, pour dissimuler du carburant d’origine iranienne et contourner les sanctions américaines », est-il affirmé. Ces cargaisons destinées à l’Asie transitent par des corridors maritimes exposés, dont le Détroit d'Ormuz.

Les sanctions entraînent le gel des avoirs détenus aux États-Unis par les personnes et organisations visées. Les acteurs américains se voient interdire toute transaction avec elles, y compris la fourniture de services maritimes et financiers, sous peine d’exposition à des mesures punitives.

Ce durcissement s’inscrit dans une séquence de désignations itératives contre la « flotte fantôme » iranienne. Le mois dernier, le Trésor américain a annoncé des mesures visant 19 navires impliqués dans le transport de brut, de GPL et d’autres produits pétroliers évalués à des montants de l’ordre du milliard de dollars, en plus d’alertes adressées aux raffineries indépendantes basées en Chine.

Pression économique depuis la trêve du 8 avril

Washington élargit régulièrement sa liste de sanctions dans l’objectif affiché de rendre financièrement insoutenable la situation pour Téhéran. L’exécutif américain présente cette politique comme le versant économique de l’offensive militaire israélo-américaine engagée le 28 février. Depuis la trêve fragile entamée le 8 avril, l’accent est mis sur le front des mesures financières et commerciales.

Dans ce cadre, les autorités américaines combinent pressions et dispositifs de gestion de risques. Le 20 mars, l’OFAC a publié une licence générale U autorisant, à titre transitoire, la livraison et la vente de cargaisons de pétrole et de produits pétroliers d’origine iranienne chargées à cette date, afin de sécuriser les opérations déjà en cours tout en maintenant le régime de sanctions.

Les mesures annoncées vendredi reconduisent le schéma habituel : gel des avoirs sous juridiction américaine et interdiction de toute relation d’affaires pour les entreprises et citoyens américains avec les entités désignées. Les entreprises et citoyens américains ont interdiction de commercer avec elles, au risque d’être à leur tour frappés par des sanctions.