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Eolien offshore : la filière française dans l’attente

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Développement éolien offshore

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En 2009, l’EWEA (European Wind Energy Association) estimait que la puissance installée de l’éolien offshore augmenterait considérablement en Europe, passant de moins de 2GW actuellement à plus de 150 GW d'ici à 2030. Durant l’année 2010, la multiplication des projets en Mer Baltique ou en Mer du Nord a confirmé cet engouement. La France pourrait suivre la tendance.

Les atouts de la France

La France est un des rares pays en Europe et dans le monde à disposer de trois grandes façades maritimes. Celles-ci sont composées de près de 5 500 km de côtes, auxquelles s’ajoutent les 1500 km des DOM-TOM. Son potentiel en matière d’installations offshore est donc naturellement important.

Le développement de la filière laisse augurer de beaux jours pour les industriels français, en France et à l’international. La France possède une capacité d’innovation importante, portée entre autres par les grands groupes que sont EDF énergies nouvelles, la Compagnie du Vent (filiale de GDF Suez) et Areva. Ce dernier spécialisé historiquement dans les réacteurs nucléaires espère conquérir 25% du marché européen à moyen terme. Déjà très actif, il a remporté plusieurs contrats significatifs dont un en décembre 2010 visant à construire 40 éoliennes de 5 MW en Mer du Nord.

Une filière suspendue à l’appel d’offre du gouvernement

Pourtant, malgré un potentiel naturel et des acteurs de poids, aucun projet n’a vu le jour aujourd’hui. Il manque à la France un cadre règlementaire. Les objectifs du Grenelle de l’environnement pour cette source d’énergie sont fixés à 6 000 MW en 2020.  Mais les industries concernées attendent l’appel d’offre, élément déclencheur pour la filière de l’éolien offshore. Initialement annoncé par le gouvernement pour septembre 2010, son lancement a été repoussé à la fin du mois de janvier 2010. Cet appel d’offre portera sur une puissance totale de 2 000 à 3 000 MW pour un investissement global d’environ 10 milliards d’euros en vue d’installer 600 éoliennes offshore.

Anticipant l’appel d’offre, plusieurs projets sont dans l’attente. Citons par exemple le projet envisagé au large du Croisic en Loire Atlantique, prévoyant l’installation de 60 éoliennes pour une puissance globale de 400 MW. Un autre projet au large du Tréport, en Seine Maritime, propose d’installer 141 éoliennes pour une puissance globale de 705 MW.

Concrètement, la mise en place de ces projets ne s’effectuera pas avant 2015 en raison de la durée de l’appel d’offre et de l’attente de la levée des risques. En effet, les candidats présélectionnés ne seront retenus définitivement qu'après une période d'un an et demi, au terme de laquelle ils auront confirmé la faisabilité de leur projet et du prix proposé. Le potentiel Français doit attendre encore avant d’être concrétisé.