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Gaz de mine : après le charbon, la transition énergétique

Gaz de mine à Avion

Dans les Hauts-de-France, Gazonor a investi 9 millions d'euros dans ses 4 premiers sites de production d'électricité à partir de gaz de mine.(©CDE)

Nicolas Hulot s’est engagé à mettre fin à la recherche et à l’exploitation d’hydrocarbures en France d’ici à 2040. Dans le projet de loi relatif à cette interdiction (qui doit être adopté d’ici fin 2017) figure entre autres une dérogation pour le « gaz de mine »(1).

Ce gaz présent dans les galeries d’anciennes mines de charbon pourrait toujours être exploité après 2040 sous réserve que cette opération s’effectue à des fins de sécurité, à savoir « maintenir en dépression les vides miniers contenant ce gaz » dans les veines de charbon exploitées dans le passé.

En France, cette exploitation concerne actuellement un acteur : la Française de l’énergie (ex-European Gas Limited) qui capte du gaz de mine dans le Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais via sa filiale Gazonor. Le groupe effectue par ailleurs des tests de production de « gaz de couche » dans des veines de charbon en Lorraine, une activité qui nécessite des forages et ne bénéficie pas d’une dérogation dans le projet de loi Hydrocarbures(2).

Dans les Hauts-de-France, la fin de l’exploitation du charbon en 1990 a laissé près de 110 000 kilomètres de galeries à l’abandon dans lesquelles du gaz issu des veines de charbon se mélange à l’air ambiant. Ce « grisou », qui a provoqué des accidents dramatiques dans l’histoire charbonnière (catastrophe de Courrières de 1906), est actuellement relâché dans l’atmosphère par une centaine d’évents malgré son fort effet de serre.

Gazonor exploite aujourd’hui ce « gaz appauvri », qui contient des taux de concentration en méthane (CH4) variables d’un puits à un autre(3), au niveau de 4 sites. Sur le site central d’Avion (à quelques kilomètres de Lens) où travaillent 8 employés de Gazonor, une partie du gaz captée est injectée sur le réseau gazier et une autre partie est convertie en électricité (les 3 autres sites produisent uniquement de l'électricité). Il est également prévu dans le futur de produire à Avion de la chaleur par cogénération et de l'injecter sur des réseaux de chaleur locaux. Présentation en images.