D’où vient l’uranium naturel importé en France ?

Uranium

Le Niger est historiquement associé aux importations françaises d'uranium.

Besoins de la France en uranium

La France a actuellement besoin de l'ordre de 6 000 à 8 000 tonnes d’uranium naturel par an pour fabriquer le combustible alimentant son parc de 57 réacteurs nucléaires(1)

La totalité de cet uranium est importée : l’exploitant EDF achète le combustible final auprès d’Orano (ex Areva) qui sécurise son approvisionnement en amont en exploitant de l’uranium naturel dans différentes zones géographiques. 

Origines de l'uranium importé en France

L’approvisionnement de la France en uranium naturel est « diversifié avec des importations en provenance principalement du Kazakhstan, de la Namibie, du Niger et d’Australie », indique le dernier Bilan énergétique pour la France du ministère de la Transition écologique (données portant sur 2023)(2). Ces 4 pays comptaient pour 98% des importations françaises d'uranium naturel en valeur en 2023.

Origine des importations d'uranium de la France

Le groupe français Orano s'appuyait encore notamment sur l'exploitation d’uranium au sein des mines d’Arlit au Niger(3) et de Muyunkum et Tortkuduk au Kazakshtan (via la co-entreprise Katco dont elle détient 51%, les parts restantes étant détenues par KazAtomProm).

Une rupture majeure au Niger

Ces données ne prennent toutefois pas en compte un fait majeur dans l'approvisionnement français d'uranium : la junte militaire au Niger, arrivée au pouvoir à l'été 2023 avec un coup d'État, a écarté en 2024 Orano de l'exploitation d'uranium sur son sol. En 2025, la junte a annoncé la nationalisation de la Somaïr et le groupe Orano est depuis engagé dans plusieurs procédures d'arbitrage international pour contester cette expropriation.

Les principaux producteurs d'uranium naturel dans le monde

Les 3 pays ayant extrait le plus d'uranium naturel de leurs mines dans le monde en 2024 sont, selon la World Nuclear Association (4) : le Kazakhstan (23 270 tonnes, soit 38,6% de la production mondiale) ; le Canada (14 309 tonnes, 23,8%) et... un pays africain qui n'est pas le Niger, mais la Namibie (7 333 tonnes, 12,2%).

Le Niger n'était plus « que » le 8e producteur mondial en 2024 (962 tonnes, 1,6% du total mondial), derrière - outre les 3 pays précédemment cités - l'Australie (7,6%), l'Ouzbékistan (estimation de 6,6%), la Russie (4,5%) et la Chine (estimation de 2,7%).

La mine canadienne de McArthur River est le plus grand gisement au monde d'uranium à haute teneur.

De l'uranium exploité en France dans le Limousin au XXe siècle

En France, des gisements de moins bonne qualité ont été exploités dans le Limousin durant toute la deuxième partie du XXe siècle.

Coût des importations d'uranium

En 2023, la France a importé pour 1,4 milliard d’euros de matières nucléaires, essentiellement de l’uranium naturel et de l’uranium enrichi, et en a exporté à hauteur de 1,7 milliard d’euros (essentiellement de l’uranium enrichi), selon le ministère de la Transition écologique.

Notons que ces importations ne sont pas prises en compte dans la facture énergétique française(5). In fine, le coût de l'uranium naturel constitue seulement de l'ordre de 5% du coût de production du kWh nucléaire.

Une concentration minimale pour être considérée comme un minerai

Pour extraire de l’uranium naturel, Orano se rend au Niger, au cœur du Canada ou encore au Kazakhstan. Beaucoup de personnes en déduisent spontanément que l’uranium est uniquement présent dans ces zones. Cet élément est pourtant assez commun : on en trouve partout dans la croûte terrestre (en moyenne 3 grammes par tonne), et donc même potentiellement dans le sous-sol de son jardin dans de très faibles proportions.

C’est la teneur en uranium naturel dans les roches du sous-sol qui peut fortement varier d’une zone à une autre. Pour que des roches soient qualifiées de « minerais », on considère généralement qu’elles doivent posséder une concentration en uranium supérieure à 0,1%, soit 1 kg d’uranium par tonne de roche. C’est un taux minimum pour que l’exploitation soit en général rentable.

Certains gisements possèdent des minerais à haute teneur pouvant incorporer jusqu’à plus de 20% d’uranium naturel. C’est précisément le cas de certains gisements au Niger et des mines de Mc Arthur River ou Cigar Lake au centre du Canada.

De l’uranium naturel est même présent dans l’eau de mer à une teneur d’environ 3 mg par m3 d’eau. Cette proportion peut paraître ridicule au premier abord. Cela signifie pourtant qu’à l’échelle mondiale, les océans contiennent près de 4,5 milliards de tonnes d’uranium dissous, soit l’équivalent de plus de 77 000 ans des besoins actuels du parc nucléaire mondial. Dans les faits, l’exploitation de ces volumes est toutefois trop coûteuse pour être envisagée.

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