L'accord de Paris soumis à rude épreuve
Le candidat Trump n'a pas fait mystère de son intention de quitter à nouveau l'accord de Paris. Un second retrait des États-Unis est donc pratiquement certain, avec un impact potentiellement bien plus dévastateur sur les négociations climatiques internationales. Ce retrait attendu intervient à un moment charnière : à la COP29 de Bakou, il sera bien difficile d'obtenir des engagements d'accroissement des financements climatiques avec la perspective de sortie du premier bailleur de fonds.
Promesses de baisses des prix de l'énergie, disparition des objectifs climatiques
Avec le retour de Trump, l'objectif de réduction d'émission disparaît du paysage au profit d'une promesse de diviser par deux le prix de l'énergie à la charge des ménages américains. La méthode ? « Drill, baby, drill », et la récupération des milliards gaspillés au nom de la « nouvelle arnaque verte » (l'IRA et le développement des énergies renouvelables). Cette relance du pétrole et du gaz pourrait générer en 2030 un supplément d'émission voisin de 2 Gt d'équivalents CO2, soit cinq fois les émissions de la France.
La réalité économique comme seul garde-fou ?
Le démantèlement des soutiens aux énergies renouvelables via l'IRA sera problématique. Les États du centre et du sud des États-Unis, les plus acquis à la cause Républicaine, sont en effet les premiers bénéficiaires des subsides de l'IRA. Si on veut faire baisser le prix de l'électricité, il faut au contraire accélérer le déploiement des nouvelles énergies de flux et non pas les contrarier. Reste le garde-fou économique, car le monde que voudrait construire le bientôt octogénaire Président est celui d'hier et non celui de demain.