Au Davos de l'énergie, l'inquiétude sur le Moyen-Orient domine

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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L'incertitude a sans doute été le sentiment le mieux partagé à la CERAWeek: le plus grand rendez-vous mondial de l'énergie a fermé ses portes vendredi après une semaine de rencontres qui n'ont résolu aucune des interrogations liées à la guerre au Moyen-Orient.

"L'industrie sous-estime les bouleversements et les risques géopolitiques qui nous attendent", juge Mark Brownstein, vice-président du Fonds pour la défense de l'environnement, en marge de ce Davos de l'énergie où 10.000 patrons et experts ont convergé.

Samedi marquera le premier mois de la guerre, déclenchée par l'offensive conjointe des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran le 28 février.

Entre les perturbations majeures sur l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz, et la flambée des prix qui en découle, une onde de choc s'abat sur le secteur des hydrocarbures.

A Houston (Texas), les effets du conflit ont été le fil rouge, sans pour autant écraser les autres sujets, notamment autour de l'intelligence artificielle.

"Les répercussions que cela aura sur l'économie, sur les populations et sur l'inflation sont très préoccupantes", explique à l'AFP Coralie Laurencin, spécialiste des questions d'énergie chez S&P Global, l'entité organisatrice de la conférence.

"Je crains que nous n'entrions dans une période prolongée d'instabilité et d'incertitude qui aura des retombées importantes", abonde M. Brownstein.

Un constat qui fait écho aux propos du patron de Chevron, Mike Wirth, qui a déclaré lundi devant une salle comble que les cours du pétrole n'avaient pas encore pleinement pris en compte les effets du blocage du stratégique détroit d'Ormuz.

Ou à ceux du patron de Shell, Wael Sawan, qui a prévenu que les pénuries d'énergies pourraient commencer à frapper l'Europe le mois prochain, en commençant par le diesel, puis l'essence...

- Période décisive -

Après la fin du conflit, il faudra du temps pour reconstituer les stocks consommés, à quoi s'ajouteront les délais nécessaires à la remise en état des infrastructures endommagées, notamment au Qatar, le deuxième exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL).

"C'est une période décisive marquée par l'incertitude, le chaos et l'instabilité", a reconnu vendredi Jamey Rosenfield, fondateur et coprésident de la CERAWeek, lors de la conférence de clôture.

Présent à l'ouverture du salon, le ministre américain de l'Energie Chris Wright a tenté de rassurer, déclarant que le gouvernement de Donald Trump prenait des "mesures pragmatiques" pour augmenter l'offre disponible, en référence à la levée partielle des sanctions sur le pétrole russe et iranien.

Les perturbations sont "temporaires", a-t-il affirmé.

"Ce que j'ai entendu cette semaine, c'est que personne ne sait comment mettre fin au problème principal, à savoir la guerre", souligne Coralie Laurencin.

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