- Connaissance des Énergies avec AFP
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L'Union européenne est le marché "le plus difficile" pour les constructeurs automobiles, avec des marges qui s'amenuisent en raison de l'électrification et une réglementation mouvante, a déclaré mardi soir le patron de Stellantis Europe.
« Sous 15 000 euros, c'est le moins cher de ce que nous pouvons faire »
"La marge d'un véhicule 100% électrique est plus faible que celle d'un véhicule thermique. Donc plus l'industrie croît sur les électriques, plus la marge moyenne diminue" en Europe, a souligné Emanuele Cappellano devant des journalistes. Il a aussi fustigé une réglementation de l'UE "pas encore définie", d'où "un manque de visibilité qui tue tous les acteurs du secteur".
Le constructeur, qui a perdu du terrain en Europe et affiché des pertes colossales en 2025, a annoncé la semaine dernière un projet de petite voiture électrique pour l'Europe à moins de 15 000 euros, un pari en termes de rentabilité.
"Pour les voitures du segment B ou du segment A", les plus petites du marché, "il est très difficile d'être bon marché et électrique aujourd'hui", a-t-il dit, d'où la nécessité, selon lui, de la réglementation européenne en préparation, qui avantagera ces petits modèles. En revanche, les voitures plus grandes, comme celles des segments C (compactes) et D (berlines), vendues plus cher, "peuvent supporter ou absorber le coût de l'électrification". Quant aux futures petites voitures électriques, "sous 15 000 euros, c'est le moins cher de ce que nous pouvons faire".
60 lancements annoncés par le groupe d'ici 2030
"Aujourd'hui, plus personne n'offre un véhicule en dessous de 15 000 euros, alors qu'il y en avait une cinquantaine il y a cinq ans. Le coût de revient, du fait de l'électrification, de la réglementation, du service, est en hausse. Ceux qui achetaient un véhicule d'entrée de gamme achètent aujourd'hui essentiellement une voiture d'occasion, ou une moto. Donc ces véhicules permettront d'entrer sur le marché à des personnes pour qui il n'est aujourd'hui plus accessible", a-t-il dit.
Mais M. Cappellano s'est montré pessimiste sur l'avenir du marché automobile européen, qui selon lui ne retrouvera pas de si tôt ses niveaux d'avant la pandémie. "Nous avons perdu 3 millions de véhicules, c'est énorme". À l'horizon 2035, "nous ne croyons vraiment pas que l'industrie va revenir à son niveau précédent".
Il a précisé que, sur les 60 lancements annoncés par le groupe d'ici 2030, 25 seraient effectués en Europe.
Emmanuel Macron a annoncé mardi matin que le groupe investirait un milliard d'euros pour produire une voiture électrique sur son site français de Mulhouse, ce que le groupe n'a pas confirmé jusqu'à présent.