- Connaissance des Énergies avec AFP
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La capitale malienne, Bamako, fait face à une pénurie de gazole depuis plusieurs jours, un carburant désormais réservé en priorité à la société d'énergie de ce pays confronté à de longues coupures d'électricité, a appris l'AFP mardi auprès du groupement des pétroliers maliens.
En raison d'un blocus jihadiste qui sévit depuis plusieurs mois au Mali, les quelques convois de gazole arrivant à Bamako sont destiné à l'approvisionnement des centrales thermiques.
Le Mali, pays enclavé dépendant d'importations par la route, a récemment fait face à de graves pénuries de carburant pendant plusieurs semaines en raison d'attaques jihadistes sur les convois de camions-citernes le ravitaillant.
Depuis le mois de septembre, les jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, ont imposé un blocus sur plusieurs villes maliennes et attaqué régulièrement ces convois, asphyxiant l'économie du pays jusqu'à sa capitale.
L'approvisionnement en carburant s'était nettement amélioré à Bamako depuis le mois de décembre, permettant à l'économie de reprendre son souffle.
Mais ces derniers jours, plusieurs stations manquent de gazole dans la capitale malienne, le peu de gazole arrivant vers la capitale est destiné à l'approvisionnement des centrales thermiques
L'essence, elle, demeure disponible.
Mardi, les files d'attente s'allongeaient devant les rares points de vente encore approvisionnés à Bamako, a constaté un journaliste de l'AFP.
"Les camions de transports de sable et de graviers sont à sec", a expliqué à l'AFP un membre de l'Association des exploitants de sable.
Selon Studio Tamani, radio financée par une fondation suisse, "plus de 100" minicars de transports en commun étaient à l'arrêt lundi dans la capitale malienne faute de gazole.
"Le gasoil est prioritairement destiné à Energie du Mali (EDM) dont les turbines sont très sollicitées en cette période de canicule", explique à l'AFP un membre du groupement des pétroliers.
A Bamako et dans les régions, la fourniture d'électricité s'est fortement dégradée ces derniers jours.
Sur les réseaux sociaux, beaucoup de Maliens expriment leur désarroi et appellent les autorités militaires à trouver une solution en ce mois de Ramadan et cette période de forte chaleur.
EDM, qui exploite principalement des centrales thermiques au fioul et au diesel, "prend tout" le gazole "qui entre", dit un autre membre de ce groupe, ajoutant que l'approvisionnement du Mali en carburant est perturbé par l'insécurité, la pénurie de camions-citernes et la réticence des transporteurs.
Fin janvier le JNIM a "sommairement exécuté dix chauffeurs" de camions-citernes et "deux apprentis" dans le sud-ouest du pays, non loin de la frontière sénégalaise, selon un bilan mardi de l'ONG Human Rights Watch.
Le syndicat des chauffeurs avait observé un arrêt de travail, exigeant le rapatriement des corps de leurs collègues avant toute reprise des activités.
"Nous tablions sur des convois qui sont toujours à Dakar et Abidjan. La recrudescence des attaques a perturbé l'approvisionnement", dit à l'AFP un agent de l'Office malien des produits pétroliers.
Les autorités n'ont pas encore fait de déclarations officielles sur le sujet.