BP: le bénéfice annuel plonge encore, plombé par des prix du pétrole en baisse et des dépréciations

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Le géant pétrolier britannique BP, dont les performances ont décroché ces dernières années par rapport à celles de ses rivaux, a vu son bénéfice annuel plonger encore plus bas l'an dernier, plombé par la baisse des prix du pétrole et une lourde charge liée à la transition énergétique.

Le groupe a vu son bénéfice net fondre de 86% sur un an en 2025, à 55 millions de dollars, après avoir déjà chuté à pic un an plus tôt, mettant la patience des investisseurs à rude épreuve.

En pleine révolution interne après être largement revenu sur une ambitieuse stratégie climatique, le groupe explique dans un communiqué mardi avoir subi des dépréciations "d'environ 4 milliards de dollars principalement liées à (ses) activités de transition dans le segment gaz et énergies bas carbone".

Il a présenté l'an dernier un plan de redressement passant par un recentrage radical sur les hydrocarbures et une réduction des coûts, avec la suppression de milliers d'emplois.

Il a aussi annoncé en décembre la nomination d'une nouvelle directrice générale, l'Américaine Meg O'Neill, une ancienne d'ExxonMobil, en remplacement de Murray Auchincloss. Elle prendra ses fonctions le 1er avril.

Le groupe précise mardi que son bénéfice sous-jacent annuel (hors éléments exceptionnels), très scruté par les marchés, a lui aussi reculé, mais dans une moindre mesure, de 16% à 7,5 milliards de dollars.

Mais pour le seul quatrième trimestre, le groupe affiche une perte nette de 3,4 milliards de dollars, qui s'est creusée de 75% sur un an.

- Rachats d'action suspendus -

Ces résultats reflètent notamment le fait que les prix du pétrole ont dévissé l'an dernier de près de 20%, plombés surtout par une augmentation de la production des pays de l'Opep et les inquiétudes sur l'économie mondiale liées aux droits de douane de Donald Trump.

BP indique mardi avoir augmenté son objectif de réduction de ses coûts structurels et annonce "suspendre les rachats d'actions" pour renforcer son bilan.

Malgré la chute du bénéfice, ces résultats montrent "une relative résilience dans un contexte de prix faibles", estime Derren Nathan, analyste chez Hargreaves Lansdown, pointant un recul de la dette du groupe et "des mesures décisives pour assainir le bilan".

"Pour faire table rase avant l'arrivée de la nouvelle directrice générale (...) BP a également déprécié ses activités sous-performantes dans le solaire et le gaz naturel renouvelable" ce qui "pourrait ouvrir la voie à des distributions plus durables aux actionnaires à terme".

Mais la suppression des rachats d'actions déplait aux investisseurs et pèse lourdement mardi sur le titre de BP à la Bourse de Londres. Il reculait de quelque 5% dans la matinée.

- "Double tranchant" -

"Abandonner le rachat d'actions peut être logique, mais c'est une arme à double tranchant, car il a ôté aux actionnaires une raison de plus d'être patients quant au redressement de BP", note Dan Coatsworth, analyste chez AJ Bell.

La nouvelle patronne "sera confrontée à des décisions difficiles dès son entrée en fonction en avril, compte tenu de la pression pour ramener BP à une croissance significative tout en réduisant la dette", prévient-il.

Dans le cadre de son plan de redressement, BP avait aussi annoncé l'an dernier quelque 20 milliards de dollars de cessions d'ici 2027.

Le groupe a déjà réalisé ou annoncé des cessions à hauteur de "plus de 11 milliards de dollars - plus de la moitié de l'objectif", a-t-il fait valoir mardi.

L'entreprise avait notamment annoncé en décembre la vente de 65% des parts de sa filiale de lubrifiants moteurs Castrol au fonds d'investissement américain Stonepeak, une opération dont elle évalue le produit net à 6 milliards de dollars, qui seront utilisés pour réduire sa dette.

Le concurrent britannique de BP, Shell, avait publié la semaine dernière un bénéfice net en hausse de 11% en 2025 à 17,838 milliards de dollars, en dépit de la baisse des prix du pétrole, qui a été compensée par le volume des ventes et une baisse de ses coûts.

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