- Connaissance des Énergies avec AFP
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Les émissions de CO2 en Chine, premier émetteur de gaz à effet de serre au monde, sont restées "stables" en 2025, voire ont légèrement "baissé", sur fond notamment de croissance massive des renouvelables, selon une étude.
Une « baisse probable de 0,3% » des émissions en 2025
Les chercheurs du Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA) tablent sur une "baisse probable de 0,3%" des émissions de CO2 en 2025 dans ce pays, comparé à 2024, selon leur étude publiée jeudi dans le média spécialisé Carbon Brief.
Le recul est si infime que "nous ne pouvons pas encore affirmer avec certitude qu'il s'agit d'un recul", a expliqué Lauri Myllyvirta du CREA, en raison de marges d'erreurs sur certaines données comme la consommation de charbon. "Savoir si les émissions augmentent ou diminuent de quelques fractions de pourcentage d'une année sur l'autre n'a qu'une signification symbolique", ajoute toutefois M. Myllyvirta, interrogé par l'AFP.
"Ce qui est vraiment significatif, c'est que les émissions n'augmentent plus rapidement comme elles le faisaient jusqu'en 2023", a-t-il ajouté. Mais "elles ne baissent pas non plus comme elles devraient le faire pour que la Chine commence à progresser vers l'objectif de neutralité carbone".
Premier émetteur mondial des gaz à l'origine du changement climatique, la Chine s'est engagée à atteindre un pic d'émissions d'ici 2030, même si certains analystes estiment qu'elle y parviendra plus tôt. En 2025, les émissions ont reculé dans presque tous les grands secteurs, notamment dans la production d'électricité, l'expansion massive des renouvelables en Chine répondant à la croissance de la demande, selon l'analyse du CREA.
Une tendance qui remonte à mars 2024
L'étude suggère que c'est la première fois que les émissions restent stables ou diminuent sur une année civile complète alors même que la demande en énergie augmente. Le dernier recul des émissions remonte à la pandémie de Covid 19. Il s'expliquait par les confinements.
La tendance "stables ou en baisse" des émissions remonte à mars 2024. Elle est notamment portée par le déploiement massif des énergies renouvelables en Chine. Cela a contribué à faire baisser les émissions du secteur électrique malgré la hausse de la demande.
Les émissions de l'industrie ont également reculé, en particulier dans les matériaux de construction, avec le ralentissement du secteur, mais aussi dans les transports grâce au développement des véhicules électriques.
Ces progrès restent toutefois fragiles. Les émissions de l'industrie chimique ont fortement augmenté en 2025 et devraient continuer à croître. Ce secteur reste un émetteur relativement modeste par rapport à d'autres industries, mais il a un impact non négligeable en raison de la rapidité avec laquelle croissent ses émissions, souligne l'étude.
Congestion des réseaux
L'absence de recul substantiel des émissions tous secteurs confondus "signifie qu'une petite hausse des émissions pourrait les faire dépasser le niveau de pic précédent", met en garde l'étude. Cela compromettrait l'espoir de voir la Chine atteindre un pic d'émissions avant l'objectif de 2030.
Le pays dispose toutefois encore de marges de manœuvre en intensifiant encore le déploiement des renouvelables. Les capacités de production de ce secteur augmentent à une vitesse record mais elles ne se traduisent pas forcément par plus de production, en raison d'une congestion des réseaux.
Des réformes du réseau pourraient atténuer ce problème. Les capacités de stockage, principalement via des batteries, augmentent également rapidement et pourraient contribuer à accroître la part d'électricité produite à partir de renouvelables. Le charbon domine encore la production d'électricité en Chine, mais il a reculé de près de 2% en 2025, selon des données examinées récemment par l'AFP.
Pékin a rendu public en septembre un objectif chiffré en matière de réduction de ses émissions nettes de gaz à effet de serre : 7 à 10% d'ici 2035. La plupart des analystes ont alors jugé que ces cibles seraient atteintes, et même légèrement dépassées. Pékin n'a cependant pas défini d'année de référence à partir de laquelle comparer les chiffres.