Escorte de pétroliers au Moyen-Orient: mission à haut risque pour la Marine américaine

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Les escortes de la Marine américaine pourraient contribuer à augmenter le flux des pétroliers dans le détroit d'Ormuz, mais les navires de guerre américains accompagnant ces bateaux lents seraient exposés à de nombreuses menaces comme des mines, missiles ou drones.

L'Iran a menacé de bloquer ce point de passage maritime hautement stratégique, par lequel transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié.

Mais Donald Trump a rétorqué que si Téhéran minait le détroit, où le trafic est pratiquement à l'arrêt, il répondrait avec fermeté. Le président américain a, dans un même temps, évoqué l'idée d'une escorte de la Marine, mais les forces armées n'ont pas encore entamé cette mission à haut risque.

"Il existe un certain nombre de menaces que l'Iran (...) pourrait faire peser sur ce type de mission d'escorte", estime Jonathan Schroden, du Center for Naval Analyses.

Parmi elles: l'utilisation de mines sous-marines, de navires d'attaque rapide, de missiles ou encore de drones.

"Si vous posez des mines dans l'eau et que vous pouvez les renforcer à la fois par des menaces à la surface et aérienne, alors vous créez une menace à plusieurs niveaux", déclare M. Schroden, ce qui rend alors "toute défense beaucoup, beaucoup plus compliquée".

"Si pour une raison quelconque des mines ont été posées et qu'elles ne sont pas retirées immédiatement, les conséquences militaires pour l'Iran seront sans précédent", a mis en garde mardi Donald Trump.

Plus tard dans la journée, l'armée américaine a annoncé avoir détruit 16 bateaux poseurs de mines iraniens "près du détroit d'Ormuz".

Les Etats-Unis ont déployé une importante flotte au Moyen-Orient, dont deux porte-avions.

Mais l'escorte des pétroliers serait menée par des navires plus petits, comme des destroyers ou des frégates, éventuellement accompagnés d'avions de combat ou d'hélicoptères pour assurer une couverture aérienne et accompagner plusieurs pétroliers à la fois, souligne M. Schroden.

- "Effet dissuasif" -

Les navires de la Marine auraient un "effet dissuasif" et pourraient "intervenir si les pétroliers étaient pris pour cible", estime-t-il.

Le détroit d'Ormuz, large d'à peine 50 kilomètres à son plus étroit, est situé entre l'Iran et Oman.

Au moins dix pétroliers dans ou à proximité du détroit ont été touchés, pris pour cible ou ont signalé des attaques entre le 1er et le 10 mars, selon des données compilées par l'agence britannique de sécurité maritime, l'Organisation maritime internationale et les autorités iraniennes.

Trois vraquiers, deux porte-conteneurs, un remorqueur et un navire de forage pétrolier ont aussi signalé des explosions, attaques ou activités suspectes dans la région.

"Il s'agit d'une véritable perturbation économique mondiale qui pourrait s'aggraver très rapidement si rien n'est fait", dit M. Schroden.

Les Etats-Unis ont déjà mené une mission d'escorte de tankers dans la région pour protéger les navires contre les attaques iraniennes lors de la guerre entre l'Iran et l'Irak (1980 - 1988).

"La principale différence réside dans la portée et l'ampleur des capacités militaires des deux camps", estime-t-il.

"L'Iran n'avait pas de drones, par exemple, et n'avait pas la capacité balistique dont il dispose aujourd'hui", tandis que les forces américaines ont désormais une capacité militaire dans les airs "bien supérieure", en comparaison avec les années 1980.

Mais, après plus de dix jours de guerre, les menaces iraniennes "restent importantes et réelles, même avec ce que l'armée américaine et l'armée israélienne ont pu faire", estime Daniel Schneiderman, du Center for a New American Security.

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