Flambée des prix: Bercy convoque mercredi les énergéticiens, qui "ne jouent pas le jeu"

  • AFP
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Le gouvernement compte rappeler à l'ordre mercredi les fournisseurs d'énergie, accusés de ne "pas suffisamment jouer le jeu" en gonflant les prix proposés aux PME, après un premier accord à Bruxelles pour réduire les factures face à la flambée de l'inflation.

"Je pense qu'aujourd'hui (les fournisseurs d'énergie) ne jouent pas suffisamment le jeu avec leurs clients, notamment les PME", a affirmé Bruno Le Maire vendredi, citant directement TotalEnergies, Engie et EDF.

C'est pourquoi "nous réunirons, avec Agnès Pannier-Runacher mercredi prochain à 8H30, tous les énergéticiens pour leur demander de signer un code de conduite", a poursuivi le ministre sur Europe 1.

L'objet de la convocation à Bercy: garantir des "prix raisonnables", notamment aux PME, grâce à des engagements supplémentaires des fournisseurs.

Le ministère souhaite créer des "conditions de meilleure qualité" et "plus protectrice" pour les "collectivités et entreprises" en agissant "au niveau national" en plus des négociations en cours au niveau européen, a expliqué la Ministre de la Transition énergétique à Bruxelles.

Dans une "charte", les entreprises s'engageront à "fournir à toutes les PME françaises des tarifs d'électricité et d'énergie raisonnables, dans des délais raisonnables, avec des conditions raisonnables" avec notamment "la possibilité de révision" si les prix baissent, selon M. Le Maire.

Il a également insisté sur "la possibilité pour l'entreprise d'examiner le contrat sans qu'ils aient le couteau sous la gorge".

La ministre déléguée aux PME, Olivia Grégoire, en déplacement à Lyon vendredi, a indiqué vouloir demander aux fournisseurs d'énergie lors de la réunion d'accorder un délai aux TPE-PME afin qu'elles puissent payer les factures dans les "trois à six mois qui viennent".

Ce sont "des dispositifs qu'on avait mis en place lors de la crise sanitaire" et qui peuvent à nouveau être mis en place, a-t-elle souligné.

A Bruxelles, les ministres de l'Energie se sont accordés vendredi sur des mesures consistant à récupérer une partie des "superprofits" des producteurs d'énergie pour les redistribuer au consommateur, et à réduire la demande d'électricité aux heures de pointe.

- Inquiétudes économiques -

Si la hausse des prix déclenchée par l'invasion russe de l'Ukraine a ralenti en France en septembre à 5,6%, l'inflation reste à un niveau élevé.

Ce recul est aussi dû au "ralentissement" de la hausse des prix de l'énergie, qui emboîtent le pas aux cours du pétrole, freiné par les craintes de récession, explique dans un communiqué l'Institut national de la statistique Insee.

Mais les économistes y voient un effet en trompe-l'oeil avec la baisse prévue de la ristourne sur les prix du carburant.

L'organisation patronale européenne BusinessEurope avait averti jeudi que les prix élevés du gaz et de l'électricité en Europe faisaient peser un "risque imminent" de "pertes de production" et "d'arrêts de milliers d'entreprises européennes".

L'industrie agroalimentaire française a notamment alerté sur les risques d'arrêts de production en absence de mesures contre la flambée des prix.

En cause: certains fournisseurs d'énergie proposent à des PME "des prix de l'ordre de 600 ou 700 euros le mégawattheure, là où les fournisseurs d'énergie anticipent un prix de 200 à 300 euros", a accusé M. Le Maire vendredi. "Ce n'est pas acceptable", a-t-il fustigé.

Les ménages et les plus petites entreprises éligibles aux tarifs réglementés sont couverts par le "bouclier tarifaire", prolongé jusqu'en 2023 et limitant la hausse des tarifs de l'électricité et du gaz à 15%.

"Si vous vous trouvez dans la situation où il faut signer un nouveau contrat d'énergie" et que celui-ci "présente une hausse incompréhensible", "je le répète, ne signez pas!", a martelé Mme Grégoire.

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