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Guerre au Moyen-Orient: le pétrole au plus haut depuis 2024

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Les cours du pétrole ont grimpé jeudi à leur plus haut niveau depuis près de deux ans, le détroit d'Ormuz étant toujours paralysé au sixième jour de la guerre au Moyen-Orient, menaçant l'approvisionnement mondial.

"Le conflit continue de s'intensifier aujourd'hui, et le trafic des pétroliers reste à l'arrêt, sans calendrier précis quant à la reprise normale des activités", commentent les analystes de Briefing.com.

Les flux pétroliers sur le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20% de la production mondiale de pétrole et près de 20% du gaz naturel liquéfié (GNL), sont toujours amplement réduits.

L'Iran "n'a pas l'intention" à ce stade de fermer le ce passage stratégique, a assuré jeudi son chef de la diplomatie Abbas Araghchi.

Mais les intentions de Téhéran sont difficilement lisibles avec des déclarations contradictoires ces derniers jours.

En parallèle, les frappes se poursuivent: les Gardiens de la Révolution ont affirmé jeudi qu'un missile iranien avait touché un pétrolier américain dans le Golfe.

Un navire ancré au large du Koweït a été secoué par une "forte explosion" et perd des hydrocarbures après qu'une de ses cuves a été endommagée, a indiqué jeudi l'agence de sécurité maritime britannique UKTMO.

Face aux perturbations et aux risques qui pèsent sur les infrastructures pétrolières de la région, "les pays privilégient de plus en plus leur propre approvisionnement intérieur", souligne Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

"La Chine, notamment, fait part de ses inquiétudes, car le pays reste fortement dépendant des importations de pétrole et de produits raffinés", remarque Phil Flynn, de The Price Futures Group.

Craignant des pénuries, Pékin a demandé à ses principaux raffineurs de suspendre leurs exportations de gazole et d'essence, selon l'agence Bloomberg.

Pour sa part, l'Irak fait face à des difficultés d'exportations et a réduit mardi la production au sein de l'un de ses principaux champs pétrolifères.

"De nouvelles réductions de production" dans la région pourraient avoir lieu "la semaine prochaine, à mesure que les stocks continuent de se remplir", anticipent les analystes de DNB.

Le prix du baril de West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, pour livraison en avril, s'est envolé de 8,51% à 81,01 dollars.

Celui du baril de Brent de la mer du Nord, la référence internationale, pour livraison en mai, a gagné 4,93% à 85,41 dollars.

Les deux cours ont atteint des niveaux plus vus depuis juillet 2024.

"Le pétrole brut en provenance du Golfe influe plus directement sur le prix du marché Brent", son cours a donc été plus durement touché en premier, explique à l'AFP Ole R. Hvalbye, de SEB.

Le WTI subit ici "un effet différé", résume l'analyste.

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