La guerre au Moyen-Orient, encore un révélateur de la dépendance au pétrole et au gaz

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Comme après l'invasion russe en Ukraine en 2022, la guerre au Moyen-Orient expose le retard de l'Europe et d'autres pour remplacer les énergies fossiles importées par le solaire et l'éolien sur leur territoire.

"Cela a un air de déjà-vu. Je me rappelle avoir eu exactement les mêmes conversations en 2021, et en février 2022 au moment de l'invasion de l'Ukraine par la Russie", s'est souvenu Jan Rosenow, professeur en politique énergétique et climatique à l'université d'Oxford, lors d'une conférence en ligne lundi.

L'invasion russe de 2022 avait entraîné une crise énergétique massive, en particulier en Europe où les prix du gaz - qui était alors majoritairement importé de Russie- avait explosé.

Quatre ans plus tard, le continent importe en masse du gaz naturel liquéfié (GNL), notamment du Qatar, et reste dépendant en pétrole du Moyen-Orient, où les navires sont bloqués, voire visés par des frappes iraniennes. "Nous n'avons pas vraiment retenu les leçons que nous aurions dû retenir", résume le professeur Rosenow.

Pour Pauline Heinrichs, spécialiste en diplomatie climatique au King's College de Londres, "historiquement les combustibles fossiles promettaient d'apporter une certaine forme de liberté, de démocratie, de croissance et, surtout, de sécurité".

- "Illusion" -

"Je pense que cette guerre illégale et inutile nous rappelle à la fois que cela est manifestement faux et, deuxièmement, que cela relève, sur la sécurité, de l'illusion", ajoute-t-elle.

La guerre, délenchée samedi par des frappes israéliennes et américaines sur l'Iran, a déjà causé une flambée d'environ 7% des cours du pétrole lundi, tandis que les prix du gaz en Europe se sont envolés de plus de 30%.

"Les tensions actuelles au Moyen-Orient viennent rappeler aux Européens leurs fragilités", relève Patrice Geoffron, professeur à l'université Paris-Dauphine-PSL et directeur du Centre de géopolitique de l'énergie et des matières premières.

L'Europe est dépendante à plus des deux tiers des énergies fossiles, principalement pour ses véhicules, son chauffage, ses usines... selon l'Agence internationale de l'énergie en 2023. Seule la production d'électricité s'est nettement décarbonée ces dernières années sur le continent: les énergies fossiles n'ont produit que 29% du courant dans l'Union européenne l'an dernier, selon Ember.

A travers l'Europe, l'appétit politique pour investir davantage dans les énergies renouvelables pour toute l'économie s'est émoussé. Et cette transition énergétique reste loin des objectifs globaux dans le reste du monde, certains pays reculant carrément, comme les Etats-Unis.

"La transition mondiale est encore trop lente", a lancé le patron de l'ONU Climat, Simon Stiell, sur LinkedIn. C'est pourtant, selon lui, "la voie évidente vers la sécurité et la souveraineté énergétiques".

- Signal d'alarme -

Après le début de la guerre en Ukraine, l'Europe est aussi passée d'une dépendance massive aux gazoducs russes à une dépendance très importante aux importations de GNL, transporté par navire, en provenance des Etats-Unis et du Qatar.

Le prix du gaz en Europe a bondi lundi après l'annonce par la compagnie énergétique publique du Qatar, QatarEnergy, de l'arrêt de sa production de GNL à la suite d'une attaque de drones iraniens. Entre 10 et 15% des importations européennes de gaz viennent du Qatar.

"L'Europe est confrontée au plus grand signal d'alarme depuis l'invasion de l'Ukraine", décrypte lundi Ana Maria Jaller-Makarewicz, analyste pour l'Institut d'économie de l'énergie et d'analyse financière (IEEFA).

"Plutôt que de ralentir la transition vers une économie à faible intensité carbone, les nouvelles tensions montrent que le déploiement de sources d'énergie propres produites localement devrait être accéléré", argue Simone Tagliapietra, chercheur à l'institut européen Bruegel, dans un commentaire transmis à l'AFP.

"Ce n'est qu'en réduisant sa dépendance structurelle vis-à-vis des importations de pétrole et de GNL que l'Europe pourra protéger durablement son économie contre les chocs externes récurrents", ajoute l'expert.

alb/ico/vmt

Commentaires

Freudon Saké
la petite grenouille Macron, grandement vexée d'être ignorée, veut singer le crapaud taureau…
https://www.publicsenat.fr/actualites/politique/guerre-en-iran-la-france-est-en-guerre-depuis-ce-matin-estime-le-general-vincent-desportes
Alors, s'il y a des gens intelligents et responsables en France, il faut à tout prix arrêter Macron !
Nous sommes déjà en guerre contre la Russie et nous n'avons pas les moyens d'être sur deux fronts, décision de pure folie, uniquement pour satisfaire l’égo de Mac Néron, qui est en train d’allumer un feu qui va brûler toute l’Europe.
De plus, immonde ignominie permanente de l'héliogabale élyséen, une vingtaine de militants Greenpeace ont bloqué pendant plusieurs heures un cargo dans le port de Dunkerque lundi 2 mars 2026. Ils le soupçonnaient de transporter de l’uranium en provenance de la Russie.
Quatre d’entre eux ont été placés en garde à vue… Certainement de dangereux terroristes, comme les deux citoyens américains exécutés publiquement par la garde prétorienne de Trump.
J’ai eu un parcours politique et depuis plus de quinze ans, j’écris qu’il faut reconnaitre la république de Lattaquié, reconnaitre le Kurdistan et permettre ainsi au pétrole kurde de s’exfiltrer par la Méditerranée.
Par ailleurs, les eaux de Lattaquié sont aussi riches en gaz, tout comme celles de Chypre.
On nous parle de droit international quand le multilatéralisme se fait exploser par Trump. Mais qu'en est-il du droit des Chypriotes, des Kurdes et des 30000 Iraniens qui se sont fait massacrer par les mollahs…
Un droit international ne peut se concevoir qu’entre États de droit !
Droit inaliénable des peuples à disposer d’eux-mêmes ; or, l’ONU n’est composée que d'une majorité d’États criminels, les seuls États de droit ne se trouvant qu’en Occident, qui est bien malade des corrompus qui la pourrissent.
Dernièrement, j'ai écrit qu’il fallait se soucier de la Libye, gazéifier les 700 millions de tonnes de lignite hongroise, exploiter le gaz houille, interdit par l’illégitime Conseil constitutionnel, produire des E-fuels, hurlé contre la mise à mort planifiée de Global Bioénergie…
Eh bien voilà, nous y voilà !
La connerie, l’orgueil et la malhonnêteté des gens qui nous gouvernent sont sans qualificatifs, tellement ils sont minables et indigents intellectuellement.
La suite est écrite, les gardiens de la Révolution sont des fanatiques religieux, perdus pour perdus, ils vont chercher à détruire tous les outils de production des hydrocarbures du Proche-Orient et ils en ont les moyens.
Grands gagnants : Poutine, le pétrole de schiste américain qui ne peut rentabiliser de nouveaux forages qu’avec un baril à plus de 90$, le pétrole de l’Alaska, les plateformes off-shore, le pétrole bitumeux, et même le sable vénézuélien.
Voilà où nous mène la furie épique et religieuse des intégristes du carbone zéro, du multilatéralisme et de la mondialisation.
Cette fois-ci, les responsables coupables ne pourront pas se cacher derrière leur petit doigt et vont devoir être comptables de leurs actes.

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