- Connaissance des Énergies avec AFP
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La guerre au Moyen-Orient a freiné la croissance de l'Arabie saoudite qui résiste toutefois grâce à ses infrastructures pétrolières et logistiques, lui offrant des alternatives au détroit d'Ormuz, a estimé mercredi le Fonds monétaire international (FMI).
Le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le transport des hydrocarbures, est verrouillé par Téhéran depuis le début du conflit déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran.
"L'économie saoudienne se montre résiliente (...) grâce à des fondamentaux solides et à des infrastructures logistiques et pétrolières diversifiées", a indiqué le FMI dans les conclusions préliminaires d'une mission menée dans le royaume.
"La guerre a néanmoins freiné son élan, en limitant les exportations de pétrole et en pesant sur l'activité non pétrolière ainsi que sur la confiance" des acteurs économiques, selon ce rapport.
Privée du détroit d'Ormuz, l'Arabie saoudite a développé des itinéraires de substitution pour ses échanges commerciaux.
"La réorientation rapide du pétrole via l'oléoduc est-ouest et les ports de la mer Rouge, combinée aux stocks détenus à l'étranger par (le géant pétrolier saoudien, ndlr) Aramco, a contribué à limiter la baisse des livraisons de pétrole", affirme le FMI.
Aramco a livré chaque jour des millions de barils de brut aux marchés grâce à cet oléoduc qui relie ses installations énergétiques sur le Golfe aux terminaux d'exportation sur la mer Rouge.
Cette compagnie a annoncé début mai une hausse de 25,5% de son bénéfice net au premier trimestre, porté par l'envolée des prix du brut sur fond de guerre au Moyen-Orient.
Le royaume, dont l'économie a connu une croissance de 4,5% en 2025 selon le FMI, a également pu s'appuyer sur de nouveaux corridors commerciaux combinant routes et rail afin de relier le Golfe à la mer Rouge et à la frontière jordanienne.
L'institution souligne également que le royaume dispose d'importants amortisseurs face aux chocs, notamment "un faible niveau d'endettement public, d'importantes réserves financières et le PIF", son richissime fond souverain.
Alors que le cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril entre Washington et Téhéran apparaît de plus en plus fragile, le FMI estime qu'une "intensification du conflit" pourrait perturber davantage les routes commerciales, endommager des infrastructures énergétiques et peser sur la croissance.
Mi-avril, l'institution avait revu fortement à la baisse ses prévisions de croissance pour la région du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord.