La première chaudière à déchets non recyclables de France inaugurée à Laval

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Une chaudière alimentée par des déchets non recyclables a été inaugurée jeudi sur le site Séché éco-industries de Changé, près de Laval, où l'équivalent de 6 400 logements seront chauffés cet hiver grâce à cette technologie, une première en France.

Cette chaudière imposante est dédiée à la valorisation thermique des combustibles solides de récupération (CSR), préparés à partir de déchets non dangereux recalés lors du tri (paquets de chips, jouets en plastique, bois de déchetterie...) qui finissent généralement enfouis dans des centres de stockage. Capable de brûler jusqu'à 3 tonnes par heure de CSR et équipée d'un dispositif de traitement des fumées, elle servira en premier lieu, de mars à novembre, à une coopérative agricole locale, Déshyouest, productrice de fourrages déshydratés.

Les besoins en énergie de la coopérative étant moindres pendant l'hiver, la chaudière CSR alimentera alors le réseau de chauffage urbain de Laval, auquel elle a été raccordée après plus d'un an de travaux nécessaires au transport de l'eau chaude depuis Changé, sur une dizaine de kilomètres. Elle sera destinée en priorité au chauffage des logements sociaux de différents quartiers de la ville, ainsi que des gros équipements publics (hôpital, prison...), pour un équivalent de 6 400 logements.

"C'est un chiffre significatif à l'échelle de la ville", s'est félicité le maire de Laval (50 073 habitants), François Zocchetto (UDI) qui, au-delà de la démarche environnementale de ce "projet ambitieux", y trouve également un intérêt économique. "Le prix est déjà compétitif, dans les mêmes ordres de grandeur que ce que nous payons aujourd'hui, mais il a surtout l'avantage d'être stable par rapport à la volatilité des prix des énergies fossiles", a-t-il confié à l'AFP.

Économie circulaire

La première chaudière CSR de France représente un investissement de 21,4 millions d'euros pour le groupe Séché environnement, qui a bénéficié d'une aide de 6,1 millions d'euros de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) à travers ses fonds déchets et chaleur. "Les CSR sont pour nous un maillon complémentaire au recyclage, dans une logique d'optimisation des ressources", a déclaré le président de l'Ademe, Bruno Lechevin, "les installations doivent donc s'inscrire dans des projets plus larges de territoire, car il faut bien assurer les débouchés de ce qui est produit."

L'Ademe a ainsi lancé deux appels à projets "Énergie CSR" en 2016 et 2017 et trois premiers dossiers ont été retenus afin d'alimenter en énergie une laiterie à Carhaix (Finistère), une papeterie à Strasbourg (Bas-Rhin) et une centrale électrique à Saint-Pierre (La Réunion). Ce modèle d'économie circulaire pourrait par ailleurs être reproduit dans des pays en voie de développement.

"Le tri s'y opère souvent de manière informelle et mobilise des centaines, voire des milliers, de personnes sur des décharges", explique Jean-François Bigot, directeur des grands projets chez Séché environnement. "Il y a une transformation profonde à effectuer, mais ces pays ont un besoin important d'énergie en général et d'électricité en particulier, et les déchets peuvent être une ressource intéressante". Adoptée en juillet 2015, la loi de transition énergétique pour la croissance verte fixe un objectif de réduction de 50% de l'enfouissement des déchets d'ici 2025.

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