Larzac : un « nouveau scénario » pour le projet contesté de grande centrale photovoltaïque

  • AFP
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La société Arkolia Energies a annoncé mercredi à Montpellier l'abandon de ses plans initiaux controversés de vaste centrale photovoltaïque dans le sud Larzac (Hérault), assurant qu'un "nouveau scénario" de taille plus réduite serait présenté d'ici un an.

Avec son projet Solarzac, Arkolia Energies envisageait initialement de couvrir 220 à 400 hectares de panneaux, éventuellement accompagnés de biométhanisation.

Le projet prévu sur la petite commune du Cros (Hérault), située dans une zone classée Natura 2000 et patrimoine mondial de l'Unesco au titre des paysages culturels de l'agropastoralisme méditerranéen, a été massivement rejeté localement et par des organisations de défense de l'environnement et du foncier agricole. "On a entendu les attentes, les craintes des gens... L'idée c'est de donner du temps au temps" pour parvenir à "un projet exemplaire, accepté par tous", a assuré lors d'une conférence de presse Laurent Bonhomme, président d'Arkolia Énergies.

Évoquant de "nouvelles études, il a évoqué "une centrale plus petite" pour "limiter l'impact sur l'environnement" sur la commune. La taille du futur projet devra cependant être "suffisante" pour assurer le financement du rachat du foncier - appartenant actuellement à une chasse privée - par les collectivités, a souligné M. Bonhomme. Et le nouveau scénario devra mettre l'accent sur "la dimension agricole", l'idée étant de faire pousser de l'herbe sous les panneaux et de faire paître des ovins.

Bruno Védrine, le garant de la concertation préalable menée, parfois dans une ambiance houleuse, de mai à juillet derniers a conclu dans son rapport que le maître d'ouvrage se devait de "répondre aux interrogations juridiques, ainsi qu'aux interrogations sur la dimension du projet et son aménagement, le respect des procédures d'impact environnemental...". Il conseillait également des "études complémentaires : techniques, financières et environnementales".

Pour les opposants, dont une poignée a manifesté mercredi à Montpellier pendant la conférence de presse, ce projet a valeur de test au plan national sur la question de la multiplication de projets énergétiques industriels et financiers sur des zones naturelles protégées et dans des paysages classés.

Commentaires

Rochain

Les habitants du Larzac préfèrent sans doute une centrale nucléaire
Serge Rochain

Thomas

Beaucoup pensent que nous aurons toujours des projets mieux ailleurs mais que celui qui les concerne est mal réfléchi et n'a rien a faire ici... et ils ont toujours des tres bonnes raisons pour se justifier... bien triste.

Lecteur 27

Ces projets seraient quand même plus simples à mettre en oeuvre s'ils étaient moins dévoreurs de territoire. Curieux d'ailleurs comme les associations écologistes ne découvrent ce péché majeur (ce n'est pas le seul mais les autres sont moins évidents) que lorsqu'elles sont localement impactées: l'opinion est bien changeante et décidément peu fiable. C'est pourtant elle qui gouverne depuis longtemps les soi-disantes politiques énergétiques qui se donnent maintenant l'ambition de gérer les transitions.

Thomas

Certes, mais comparé aux autres activités humaines (urbanisation, grandes surfaces, routes, dépôts logistiques, etc.) le solaire au sol ne représente strictement rien en termes d'emprise au sol!
Par exemple, 40 GW (environ ce que la France prévoit à horizon 2030) représenteraient environ 57000 ha, c'est beaucoup, mais finalement seulement 0,2% de la surface agricole utile française (28 millions d'ha)...

René

Implanter des panneaux même en grand nombre sur des terres non cultivables et non cultivées ce serait pas incompatible ,, les moutons servent même à désherber en dessous ailleurs !!
Ce qui serait intelligent ce serait d'obliger tout nouveau constructeur de maison ou immeuble à poser des panneaux sur le toit , comme ça cela n'occuperai pas de place au sol et ferait économiser de l'énergie , donc des centrales .

Lecteur 27

Bien sûr il est utile, comme vous le faites, de relativiser un peu et d'admettre un instant que la diminution des terres agricoles (tendance lourde pourtant et à certains égards préoccupante) peut être un peu sacrifiée. Mais les 57000 ha, s'ils sont exacts, ne seront pas répartis également sur le territoire ; ils seront concentrés là où les gisements éoliens existent (les côtes bretonnes ?). Ils donneront lieu chaque fois, ici et là et pas de manière concentrée comme l'habitat urbain ou péri-urbain, à l'enfouissement de centaines de m3 de béton qu'il faudra laisser dans les sols - ou retirer avec des pincettes … au frais de la collectivité publique qui, si j'en crois le projet Larzac, est invitée à acquérir les terrains (sympa le promoteur !). Le pire est aussi dans le détail: les 40GW de capacité dont vous parlez, ne produiront jamais 40 ni même 35 GWh mais beaucoup moins (l'intermittence, ou la variabilité si on veut gommer un peu le principal défaut majeur du vent): quand on calcule le GWh à l'hectare occupé du vent à celui du solaire, du thermique et en particulier du thermique nucléaire, le vent devient symbolique, cher, et inadapté à la situation française qui a autre chose à faire et doit avoir d'autres priorités en matière de transition énergétique et surtout climatique.

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