Le BRGM et IFP Énergies nouvelles vont davantage collaborer sur le captage du CO2, la géothermie profonde et l'hydrogène

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Les deux organismes publics, Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), service géologique national, et Institut français du pétrole Energies nouvelles (Ifpen), institut de recherche sur l'énergie, ont annoncé jeudi un "accord-cadre de partenariat d'une durée de cinq ans".

Périmètre technique et filières visées

Les deux organismes publics ont indiqué que ce partenariat couvre le captage et le stockage du CO2, la géothermie profonde, l’hydrogène et la modélisation des environnements géologiques profonds. L’accord vise à structurer et coordonner des travaux communs sur l’exploration, la caractérisation et l’usage du sous-sol pour la décarbonation.

« Mieux structurer, coordonner et piloter nos actions communes dans des domaines clés tels que le captage et le stockage du CO2, la géothermie profonde, l’hydrogène ou encore la modélisation des environnements géologiques profonds », a déclaré le PDG de l’Ifpen, Pierre‑Franck Chevet.

La PDG du BRGM, Catherine Lagneau, estime que ce cadre permettra de « favoriser les synergies entre les deux établissements et de mieux assurer la complémentarité de leurs projets ».

Selon Catherine Lagneau, le partenariat doit aussi « renforcer [le] rôle de service géologique national, et [la] posture d’animateur référent de la communauté » experte du sous-sol.

Cadre national et prospection des ressources

Établissement public à caractère industriel et commercial, le BRGM a été chargé en février 2025 d’un programme quinquennal d’identification de zones favorables à de potentiels gisements profonds dans cinq régions françaises, à savoir l’ouest du Massif central, Morvan‑Brévenne, Vosges, Pyrénées‑Cévennes et le sillon Nord de la Guyane.

Le mandat vise environ cinquante matériaux critiques prioritaires, par exemple le lithium ou le tantale, afin d’éclairer les choix d’exploration et d’éventuelles filières d’approvisionnement nationales.

Lors du lancement de ce programme, Marc Ferracci, alors ministre chargé de l’Industrie et de l’Énergie, avait souligné la nécessité « d’être autonome sur un certain nombre de ressources minérales », tout en pouvant exporter certaines ressources « pour pouvoir importer celles qui nous manquent ».

De son côté, l’Ifpen se présente comme « un acteur clé de la transition écologique, énergétique et numérique » avec l’ambition de développer et démontrer des technologies « responsables et abordables » au service de la décarbonation et de la souveraineté énergétique.

Contribuer à l'atteinte des objectifs nationaux

La stratégie nationale pour le captage, l’utilisation et le stockage du CO2 présentée en 2023 fixe un objectif de 4 à 8 MtCO2 par an captées et stockées à l’horizon 2030 en France. Ce partenariat BRGM‑Ifpen doit contribuer à l'atteinte de cet objectif, en mobilisant des compétences sur la caractérisation des réservoirs, l’ingénierie des procédés et la surveillance, ainsi que les retours d’expérience internationaux sur le stockage de CO2.

Sur les autres volets, les coopérations annoncées concernent la géothermie de réservoirs profonds, l’outillage numérique pour la modélisation du sous-sol et l’« hydrogène », incluant l’« hydrogène naturel » lorsque pertinent, afin d’accélérer les évaluations de potentiel, la sûreté d’usage et l’intégration système.

IFP Energies nouvelles indique par ailleurs être engagé en 2026 dans environ 140 projets de recherche collaborative (avec soutiens publics), dont plusieurs liés au stockage géologique de CO2, à la géothermie et à l'hydrogène natif, illustrant l’adossement du partenariat à des programmes opérationnels récents.