
Économiste de l’énergie et du climat
Directeur de recherches émérite, CIRED (Ponts-ParisTech & CNRS)
Le 18 mai 2026, l’enquête publique autour de l’autorisation de construction du Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) a été ouverte, marquant une étape importante dans l’avancée de ce projet étudié depuis bientôt trente ans. C’est l’occasion de revenir sur ce projet interminable dont on peut se demander s’il débouchera un jour sur une exploitation industrielle.
La Finlande et la Suède qui se sont engagées dans l’exploration de l’option du stockage géologique en même temps que la France, ont déjà enclenché chacune la réalisation de leur installation de stockage, la première en 2017, la seconde en 2025. La mise en route du centre finlandais Onkalo est annoncée après l’autorisation d’ouverture attendue ce mois de juin 2026(1) (ce qui, au passage, fait de 2026 une date majeure dans la maîtrise de la gestion des déchets nucléaires). Celle du centre suédois KBS interviendra en 2035, alors que la mise en exploitation industrielle de Cigéo ne s’effectuera pas avant 2050, après une longue phase industrielle pilote.
Comment expliquer ce décalage ? Les analyses sociologiques des politiques de gestion des déchets nucléaires de 11 pays rassemblées dans un ouvrage académique de 2023(2) contribuent à répondre à cette question.
Comparaison des étapes de mise en œuvre du stockage géologique entre la Finlande, la Suède et la France
| Finlande | Suède | France |
Choix du stockage géologique | 1987 | 1983 | 2006 |
Démarrage des recherches (laboratoire souterrain) | 1992 | 1993 | 1998 |
Choix d’un site | 1999 | 2009 | 2012 |
Procédure d’autorisation construction | 2012-2016 | 2011-2022 | 2018-2027 |
Phase industrielle pilote (dont installation) | sans | sans | 2028-2035 |
Construction | 2017-2025 | 2025-2035 | 2035-2050 |
Début d’exploitation industrielle | 2026 | 2035 | 2050 |
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Volume stockable (en tonnes et en m3) | 6 500 t * | 12 000 t* | 10000 m3 HA & 73000 m3 MA |
Coût de l’installation (sans les intérêts pendant la construction) en Md€ | 1,1 | 1,1 | 9,7** |
*En Suède les 6000 canisters de 15 m3 qui seront stockés in fine contiennent chacun 2 tonnes de combustibles, poids calculé en équivalent uranium naturel.
**Source.
Les deux pays nordiques avaient fait le choix, comme les Etats-Unis, de ne pas retraiter les combustibles usés parce qu’ils ont très tôt renoncé à l’économie du plutonium (recyclage, surgénérateur)(3). Les combustibles usés sont donc considérés comme des déchets de vie longue. Cette option présente deux avantages : d’une part ils présentent, une fois conditionnés, un volume à stocker moindre que celui des déchets MA et HA (haute et moyenne activité) sortis du retraitement et du conditionnement(4) ; d’autre part la matrice d’oxyde d’uranium du combustible constitue une barrière supplémentaire en retenant tous les produits de fission, ce dont on parle rarement. De plus, ce choix limite les tergiversations autour de l’option possible de la transmutation(5) des déchets de vie longue qui ont retardé en France l’engagement effectif dans le stockage géologique.
La Finlande, pays consensuel
Commençons par la Finlande où la mise en service complète de l'installation de stockage géologique Onkalo est prévue d’ici peu, la dernière autorisation étant en cours d’examen. Le projet a été développé par la société privée Povisa Oy, propriété des deux électriciens Fortum et TVO, exploitants de réacteurs nucléaires. Il est basé sur le concept suédois « KBS-3V » acheté à la société SKB, et comprenant entreposage dans des couches granitiques à 450 m de profondeur, enrobage du combustible usé dans l’argile bentonite et encapsulation dans un container en cuivre de 5 m. L’installation qui comprend une usine d'encapsulation, est située près du site d’Okiluoto où sont installés trois réacteurs nucléaires (dont un EPR). Le site pourra stocker 6500 tonnes de déchets nucléaires.
La chronologie du projet démarre avec le choix de l’option du stockage géologique en 1987, suivi de plusieurs années de recherches avec un laboratoire souterrain. Le choix du site s’est fait en 1999 avec l’accord des collectivités concernées après négociations avec Povisa. La procédure d’autorisation engagée en 2012 a duré quatre ans, car elle a nécessité des études complémentaires demandées par le régulateur de la sûreté nucléaire. L’autorisation de construction a été obtenue dès 2017, et l’autorisation de mise en exploitation en 2026.
Selon le sociologue finlandais Jarmo Vehmas(6), trois facteurs ont facilité la progression du projet : la confiance de l’opinion dans l’État et ses institutions, la simplicité du processus de consultation et la légitimité de la technologie nucléaire auprès de l’opinion(7), ce qui a permis d’éviter la politisation de l’enjeu, contrairement à ce qui s’est passé en Suède dans les années 2010 et en France depuis les années 90.
La Suède, pays de culture de compromis
En Suède, la construction de l’installation de stockage géologique dans les couches de granit s’est fait attendre en raison de controverses qui ont retardé l’autorisation de construction au cours des années 2010. Le gouvernement suédois et l’autorité de sûreté ne l’ont autorisé qu’en 2022.
Comme en Finlande, l’option du non-retraitement choisie dès la fin des années 1960 a conduit à choisir le stockage géologique en 1983 pour gérer les combustibles usés. Le projet retenu est également basé sur le concept « KBS-3 V » développé par la société privée suédoise SKB qui l’avait vendue aux Finlandais. Rappelons qu’il comporte trois barrières de sécurité (granit, bentonite et conteneur en cuivre). Après le choix de ce concept, un site près de la centrale nucléaire de Forsmark a été sélectionné en 2009 après consultation publique et acceptation par les collectivités locales concernées (qui ont le pouvoir de mettre leur veto au projet).
Le processus d'autorisation de construction a été beaucoup plus long qu'en Finlande :la construction n’a pu commencer qu’en 2025. La mise en service est désormais prévue vers 2035 alors qu’elle était (en 2011) envisagée entre 2020 et 2025.
Après un large débat public en 2012, deux controverses ont émaillé le processus d’autorisation : l’une sur le risque d’infiltration d’eau dans les couches granitiques, l’autre sur le risque de corrosion des containers en cuivre. Ces controverses ont pris de l’ampleur du fait du vote d’une législation environnementale de 1999 sur le principe de précaution (qui avait établi une Cour environnementale pour le faire appliquer, ouvrant la possibilité d’un blocage juridique de tout projet industriel si toutes les garanties environnementales et de sûreté ne sont pas données). S’appuyant sur l’expertise de scientifiques opposants, cette Cour environnementale a demandé que soit démontrée la maîtrise du risque de corrosion de la couverture de cuivre des conteneurs. Les promoteurs du projet soulignaient que l’ensemble des trois barrières limitait le risque « en-dessous de toute probabilité appréhendable ».
Le projet a finalement été autorisé en 2022 et la construction a débuté en 2025 avec l’objectif d’une mise en exploitation industrielle en 2035.
Selon l’analyse du sociologue Johan Swahn(8), le processus a pu avancer, malgré certaines objections, parce que le processus de consultation local et national a été peu politisé jusqu’en 2020. La culture politique du compromis a globalement permis en Suède au processus d’aboutir, sans que le « précautionnisme » ait pu jouer de façon négative, comme en France (Markku Letonnen dans l’ouvrage cité a sous-titré son analyse de la gouvernance de la gestion des déchets nucléaire en France « gouverner dans un climat de méfiance et avec la méfiance »(9)).
En France, l’impossibilité d’un compromis
Contesté par des scientifiques antinucléaires, les écologistes radicaux et des associations locales, le projet d’installation Cigéo à Bure (Meuse) doit accueillir — dans près d'un millier d'alvéoles de stockage construites dans 270 km de galeries — les déchets nucléaires de haute et moyenne activité de vie longue (HA-VL,MA-VL) qui ont été séparés des combustibles usés par l’opération de retraitement, puis conditionnés(les premiers par vitrification dans des verres, les seconds dans du bitume et du ciment, les deux types étant placés ensuite dans des conteneurs en acier inoxydable).
En décembre 2025, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASNR) a rendu son avis sur la demande d'autorisation de création (DAC) de Cigéo, marquant la fin des expertises techniques. Une enquête publique sur le projet a depuis été ouverte le 18 mai 2026 pour une durée de six semaines. Le décret d’autorisation de création portant sur l’installation industrielle-pilote devrait pouvoir être signé fin 2026… alors que sa signature était initialement prévue en 2019 (pour un début de l’exploitation industrielle en 2025). L’approche précautionneuse adoptée pour répondre à la méfiance du public a contribué à repousser le début de l’exploitation industrielle et l’arrivée des premiers colis à l’horizon 2050(10).
La recherche d’exemplarité dans la mise en place du projet Cigéo
L’histoire du projet mené par l'Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra) a été marquée par la profonde méfiance entre, d’un côté, les acteurs publics de la gestion des déchets nucléaires et, d’autre part, les diverses parties prenantes opposés au projet. En 2017, on a vu ainsi des manifestations locales intenses avec occupation des installations de surface dans l’ambition d’en faire une ZAD (Zone à défendre). Au niveau national, le projet s’est heurté à la résistance d'une minorité totalement rétive à accepter tout compromis, contrairement à ce que l’on a pu observer en Suède où les opposants au concept adopté ont finalement accepté le lancement du projet en 2022, après examen de leurs objections par le gouvernement et l’autorité de sûreté locale.
La résistance des opposants en France a été facilitée et amplifiée par l’extension des procédures participatives dans le domaine du nucléaire. L’inflation des consultations a donné libre cours à un foisonnement permanent de critiques sur toute incertitude de long terme imaginable, ce qui, pour un projet qui s’inscrit dans une échelle de temps multiséculaire, est aisé à trouver pour mobiliser l’angoisse et l’émotion. Pour autant, les nouvelles exigences qui en ont résulté sous l’égide de l’autorité de sûreté (l’ASN à l’époque) n’ont jamais réduit la méfiance.
La volonté politique de transparence et de démocratisation, qui s’est manifestée dans la décennie 1990 pour corriger le mode de décisions technocratiques, s’est traduite par l’instauration de lieux de débat public au niveau national et local avec la création en 1997 de la CNDP (Commission nationale du débat public) quia notamment organisé des débats en 2005 sur les options de gestion des déchets nucléaires, en 2013 sur le projet Cigéo proprement dit et en 2019 sur le plan national de gestion des déchets.
La volonté de transparence a conduit aussi à développer sur la gestion des déchets une démarche d’évaluation en ajoutant des instances d’évaluation et de coordination. La loi Bataille de 1991 a ainsi mis en place une Commission nationale d’évaluation (CNE) dont la mission est d'évaluer annuellement l'état d'avancement des recherches et des études relatives à la gestion des matières et déchets nucléaires. La loi du 26 juin 2016 a élargi cette mission d’évaluation à tous les aspects de la gestion des déchets et aux modalités de création de Cigéo(11).
La gouvernance de la méfiance
L’Andra elle-même, devenue une « autorité indépendante » par la loi Bataille, s’est sentie investie de la mission de gérer la méfiance structurelle en se voulant à l’écoute des opposants. À chaque étape du processus, elle a proposé plusieurs options au choix du gouvernement et du Parlement, ce qui a compliqué très sensiblement la préparation du projet Cigéo. Dans la loi de 2006 qui entérine le choix du stockage profond, a notamment été inscrite l’étude de l’option de réversibilité censée « permettre aux générations futures de choisir à chaque phase entre la poursuite de la construction et de l'exploitation du stockage, et réexaminer les choix antérieurs et modifier les solutions de gestion ». C’est elle qui a été retenue pour le projet Cigéo dans la loi de 2016.
Cette option de réversibilité s’est imposée pour limiter la défiance(12). Dans les faits, ce choix a largement compliqué la conception du projet et retardé la demande d’autorisation de construction, sans permettre d’avancer vers le consensus, au contraire. Lorsque la loi de 2016 a précisé les critères de réversibilité – qui ne s’appliquent que pendant la phase d’exploitation d’une centaine d’années --, ce choix a été considéré comme une nouvelle trahison par les opposants(13).
En Finlande et en Suède, on ne retrouve pas un tel auto-investissement des promoteurs du stockage géologique dans la « gestion » de la méfiance vis-à-vis du stockage géologique. Povisa Oy et SKB, les promoteurs respectifs des projets, sont chacune des filiales des électriciens exploitant des réacteurs nucléaires dans leur pays. Elles n’ont pas eu à s’impliquer dans une telle gouvernance car c’est au pouvoir politique, appuyé par l’autorité de sûreté locale, de l’assumer. Ceci peut expliquer que l’option de réversibilité qui y a été débattue un temps dans chacun de ces pays a rapidement été évacuée.
L’étirement sans fin des délais
En 1998, le gouvernement français a annoncé que le stockage en couche géologique profonde était son option préférée avec le choix du site de Bure pour établir un laboratoire souterrain dans une couche d’argile stable depuis 150 millions d’années. Ce choix a été entériné par la loi sur les déchets de 2006, suite à une consultation publique organisée par la CNDP en 2005 où s’est déjà manifestée une hostilité déterminée au projet.
En 2010, le gouvernement a ensuite approuvé le projet de l'Andra d'implanter Cigéo à Bure, pour accueillir les déchets radioactifs de haute et moyenne activité à vie longue (HA-VL et MA-VL). Le conflit a pris beaucoup d’intensité en 2013 lors de la consultation publique ouverte sur Cigéo. En raison de l'obstruction des opposants locaux encouragés par les activistes nationaux, la CNDP a dû transformer la consultation en un débat d'experts « en ligne », pendant qu’elle installait une conférence locale de citoyens tirés au sort. Cette consultation a permis l’intervention d’experts et de scientifiques « engagés » qui militent de longue date contre le nucléaire et voient la gestion des déchets comme le talon d’Achille de l’option nucléaire. Leur légitimité s’est de facto retrouvée reconnue tant par l’Andra que par l’ASNR (ASN à l’époque) alors même que, par nature, ils ne sont pas enclins à aucun compromis autour de l’application du principe de précaution et de la recherche du risque zéro(14), contrairement à leurs homologues nordiques. Compte tenu de sa mission fondée sur le principe de précaution, l’ASN (plus tard l’ASNR) n’a pu que répondre aux inquiétudes en demandant des études complémentaires pour réduire toutes les incertitudes mises en avant(15).
Plusieurs des problèmes dénoncés par les opposants ont été pris en compte très attentivement, notamment les possibilités d’infiltration d’eau dans la couche d’argile (pourtant par nature totalement imperméable), de fracturation de cette même couche d’argile par séisme ou lors des travaux d’excavation, de dégradation du conditionnement des déchets MA-VL avec apparition d’hydrogène(16), source potentielle d’explosion, ou encore les possibilités d’incendie qui pourrait être provoqué par la chaleur émise par les colis MA-VL qui sont entourés de bitume.
Du fait des délais de réalisation des études complémentaires, l’Andra n’a pu déposer son dossier de demande d’autorisation de création (DAC) qu’en 2023, alors que ce dépôt était prévu en 2019. L’ASNR a ensuite procédé en plusieurs étapes pour examiner le dossier(17). L’avis sur la DAC, rendu en juillet 2025 par l’IRSN et des groupes permanent d’experts de l’ASNR(18), qui est globalement positif, reste tout de même prudent sur quelques aspects. On y lit par exemple que «les connaissances concernant les propriétés de la couche géologique argileuse profonde âgée de 160 millions d’années doivent être consolidées. Des questions demeurent sur la sûreté des alvéoles de stockage des déchets les plus actifs vis-à-vis du risque d'explosion tandis que la démonstration de sûreté des alvéoles vis-à-vis des risques d'incendie n'est pas acquise pour le stockage des déchets de moyenne activité (MA-VL) bitumés. La démonstration de la performance des scellements bouchant les alvéoles reste aussi à apporter, notamment en cas d’intrusion humaine involontaire, comme lors d'un forage ». On redécouvre donc des problèmes alors que les plans touchaient à leur fin…
Le contre-effet du pluralisme : le « précautionnisme »
Avant la décision d’autoriser la construction du pilote industriel (PhiPil), le projet connait donc actuellement une nouvelle enquête publique. L’autorisation de construction est attendue en 2027 et le début de la construction en 2028, celle-ci devant se terminer vers 2035. La mise en œuvre de cette phase industrielle pilote sera ensuite jalonnée de divers points de rendez-vous.
On prévoit des essais in situ en vraie grandeur pour confirmer le bien-fondé des solutions techniques retenues (étanchéité de la couche d’argile, méthodes de construction, procédés d’exploitation, possibilités de réversibilité, scellements en vue de la fermeture) et, si nécessaire, les faire évoluer. On y testera en situation réelle les mesures prises pour maîtriser les risques d'exploitation et assurer la surveillance du stockage, vérifier le bon fonctionnement des équipements, et confirmer les modes opératoires ainsi que la capacité à retirer des colis stockés pendant la phase d’exploitation. On devra aussi vérifier la maîtrise de tous les risques post-fermeture après le scellement des alvéoles et des tunnels. Il faudra donc de nouvelles expérimentations et tests pendant la phase pilote(19).
L’ouverture décisionnelle aurait dû amener à ce qu’un consensus se forme progressivement, comme on l’observe en Suède et en Finlande. Mais l’intégration au processus d’experts et scientifiques, intransigeants sur la recherche du risque zéro sur le très long terme, ne l’a pas permis. L’ASN et l’IRSN (regroupés en 2024 dans l’ASNR(20)) demandé des études complémentaires sur ces objections pour que toutes les incertitudes soient réduites à un niveau minimal. De son côté la démarche de l’Andra, dictée par les lois de 2011 et 2016, a facilité la mise en place de freins règlementaires et procéduraux, en visant à amadouer les oppositions par une surenchère dans la transparence. De même, la logique des débats organisés par la CNDP consistant à mettre sur le même plan les avis des experts des instances nucléaires et ceux des scientifiques engagés « voulant faire la peau du nucléaire » n’est certainement pas propice à la recherche d’un compromis
Face aux enjeux de la gestion pluriséculaire des déchets nucléaires, tout conduit à faire croire que la précaution prise n’est ni trop procédurière, ni trop règlementée, ni trop démocratique, ni trop complexifiée et, en définitive, ni trop chère. Au bout du compte, cette situation est du pain bénit pour les opposants au nucléaire. La question de la gestion des déchets nucléaires par stockage géologique ne serait toujours pas résolue et, si elle a une chance d’être résolue un jour, elle sera très coûteuse.
Sources / Notes
- In Finland, radioactive spent nuclear fuel soon to be buried underground, France 24.
- M. Arentsen · R. van Est (dir.) , 2023, The Future of Radioactive Waste Governance; Lessons from Europe. Springer (Berlin).
- Rappelons au passage que, selon les données de l’AIEA, seul1/8 des combustibles usés déchargés annuellement dans le monde est actuellement retraité.
- Il n’existe jamais de données complètes en poids, et en volume, sur ce qui sort d’un réacteur par an, et ce qui après retraitement reste en déchets HA-VL et déchets MA-VL. Selon mes propres calculs, pour les 14 m3 de combustibles usés qui sortent par an d’un réacteur PWR de 1000 MW, le retraitement et le conditionnement conduisent à 3 m3 de déchets de haute activité HA-VL vitrifiés à gérer. A ceux-ci s’ajoutent les déchets MA-VL conditionnés dans du bitume et une enveloppe de ciment pour un volume 7 fois plus importants que le volume des déchets HA-VL vitrifiés, selon la proportion entre les volumes de ces deux types dans Cigéo, soit 21 m3. Au total nous avons donc 24 m3 de déchets HA et MA pour un volume de combustibles usés de 14 m3 avant retraitement
- La transmutation des produits de la fission (notamment les actinides de vie longue) consiste en l'absorption d'un neutron par le noyau de radionucléide, ce qui conduit à en modifier les caractéristiques radioactives (avec formation d'isotopes ou d'éléments différents), ce qui peut conduire de nouvelles réactions de fission. Il était envisagé de le faire dans les réacteurs à neutrons rapides en reprenant la R&D sur les surgénérateurs rapides-sodium et en développant le projet de prototype Astrid ;
- J. Vehmas, “The Finnish Solution to Final Disposal of Spent Nuclear Fuel” in Arensten er Van Est (dir), 2023, op.cit., chap.11, p. 287-320.
- « Une enquête publiée fin avril 2026 par Energiateollisuus ry (Finnish Energy) révèle que 66 % des Finlandais ont une opinion favorable de l'énergie nucléaire, tandis que seuls 8 % en ont une opinion défavorable. Ce taux d'approbation actuel figure parmi les plus élevés jamais enregistrés depuis le lancement de ce sondage en 1983, juste en dessous du record de 68 % atteint en 2023 ».
- J. Swahn, “Radioactive Waste Management in Sweden: Decision-Making in a Context of Scientific Controversy”, in Arensten et Van Est (dir). 2023. op.cit. , chap.10, p.259 -286
- Markku Letonnen. The Governance Ecosystem of Radioactive Waste Management in France: Governing of and with Mistrust. In Arensten et Van Est(dir.).2023, op. cit., chap.9, p.231-258
- L’ASNR publie son avis sur la demande d’autorisation de création de Cigéo
- La CNE institue une nouvelle commission permanente d’évaluation, la CNE2, et impose la préparation d’un plan national de gestion des matières et déchets radioactifs en relation avec les options choisies (MOx, multirecylage, transmutation, etc.).
- Elle a même mobilisé les sciences sociales pour voir comment organiser la construction de la confiance. Luis Aparicio (dir ;).2009, Rendre gouvernables les déchets radioactifs. Le stockage profond à l’épreuve de la réversibilité. Paris. Andra, 2009
- Après notamment l’abandon de l’option de stockage sub-surface, qui répondait à leur souci d’assurer une surveillance indéfinie des déchets et une réversibilité permanente.
- Le Hir, P. ,2017. Site d’enfouissement de Bure: “On ne nous atomisera jamais”. Le Monde (2017, 11 janvier).
- ASN. 2020. Avis no 2020-AV-0363 de l’Autorité de sûreté nucléaire du 8 octobre 2020 sur les études concernant la gestion des matières radioactives et l’évaluation de leur caractère valorisable remises en application du plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs 2016–2018, en vue de l’élaboration du cinquième plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs.
- Cet hydrogène serait produit par radiolyse de l’eau qui serait encore contenue en infime partie dans le béton du conditionnement des colis de moyenne activité (MA-VL).
- La première a porté sur les hypothèses de sûreté de base (juin 2024), la seconde sur la résistance du site pendant la descente progressive des colis de déchets (janvier 2025) et la troisième sur l’ensemble des risques et incertitudes sur la capacité de confinement en phase d’après-fermeture (juillet 2025).
- Avis et rapports projet Cigéo, ANSR.
- Pendant cette phase pilote, des revues de flexibilité sont prévues pour décider ou non d’isoler les alvéoles d’entreposage, de fermer ou non des quartiers avec des phases de tests et de démonstration, et ce avant l’exploitation définitive du site. L’adoption de la réversibilité a donc eu un coût énorme en termes de délais et d’augmentation des dépenses alors que la méfiance est loin d’être effacée.
- Comme on l’a montré dans un article récent de la revue Commentaires. Voir D.Finon, 2023, « Dérive bureaucratique et sûreté nucléaire ». Commentaires, 2023, n°181, p. 129 -138.
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