Cibles revendiquées et perturbations locales
Le président Volodymyr Zelensky a affirmé que le terminal pétrolier de Saint‑Pétersbourg et la base militaire de Kronstadt avaient été pris pour cibles par des drones ukrainiens, évoquant des « frappes justes ». « Les Russes doivent savoir que s'ils utilisent des drones et des missiles contre nous, nous ferons de même », a‑t‑il déclaré. Le gouverneur Alexandre Beglov a fait état de « plusieurs » infrastructures endommagées sans victimes signalées.
Le trafic du principal aéroport de la ville a été perturbé. Pour mesurer l’ampleur potentielle d’un tel aléa, l’aéroport de Pulkovo a accueilli 20,4 millions de passagers en 2023, selon l’agence de notation ACRA. Le Kremlin a promis « des réponses systématiques », ces frappes intervenant après la mort de 23 personnes en Ukraine la veille dans une salve de missiles et de drones russes.
Bilan humain et ripostes croisés
Sept personnes ont été tuées dans l’est de l’Ukraine occupé lors d’une frappe de drone ukrainien contre un car reliant Moscou à la Crimée annexée en 2014, selon les autorités locales installées par la Russie. Un ouvrier a également péri dans la région russe de Briansk, frontalière de l’Ukraine, et un autre civil a été tué dans la partie occupée de la région de Kharkiv, d’après les autorités locales.
Côté ukrainien, des bombardements russes ont fait une dizaine de morts dans plusieurs régions, selon les autorités. En visite à Kiev mercredi, le chef de l’Otan Mark Rutte a estimé aux côtés de Volodymyr Zelensky : « Alors que l’Ukraine continue de tenir bon, d'innover et de remporter des victoires sur le champ de bataille, la Russie est de plus en plus désespérée ».
Un SPIEF sous tension et une participation recomposée
Quelque 20 000 invités issus de 130 pays sont annoncés au Forum économique international de Saint‑Pétersbourg, sur trois jours, un rendez‑vous longtemps qualifié de « Davos russe ». Vladimir Poutine doit s’exprimer vendredi. À l’arrivée des premiers participants, une épaisse fumée était visible à l’arrière‑plan du centre de conférence, a constaté un journaliste de l’AFP.
La liste des intervenants reflète l’isolement accru de Moscou depuis 2022, avec la présence d’alliés comme les présidents de l’Ouzbékistan et de la Tanzanie, ainsi que de ministres cubains, bélarusses, des Émirats arabes unis et d’Arabie saoudite, membres de l’OPEP+. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres est attendu pour un panel sur l’environnement vendredi. Le Kremlin présente l’événement comme un rassemblement de « pays souverains », à contre‑pied des « mondialistes » du Forum de Davos.