Rebond des références et dynamique de marché
Mercredi 3 juin, le baril de Brent pour livraison en août a terminé à 97,81 dollars, en hausse de 1,89 %, tandis que le West Texas Intermediate (échéance juillet) gagnait 2,41 % à 96,02 dollars. Après un point bas de cinq semaines atteint vendredi, les deux références poursuivent leur rattrapage.
« Les cours du pétrole poursuivent leur remontée après avoir atteint vendredi leur plus bas niveau depuis cinq semaines », a indiqué David Morrison, de Trade Nation. Selon Kathleen Brooks (XTB), « les derniers développements suggèrent que les investisseurs ont peut-être été trop prompts à intégrer l'impact du protocole d'accord » évoqué par Washington en fin de semaine dernière.
Front militaire et goulot d’étranglement à Ormuz
Dans la nuit de mardi à mercredi, les États-Unis et l’Iran se sont mutuellement visés, chacun accusant l’autre de violer un cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril. Le Koweït a dénoncé mercredi une frappe iranienne de drones contre son aéroport, première attaque meurtrière depuis l’entrée en vigueur de cette trêve.
Selon le média américain Axios, un protocole de 60 jours était envisagé pour prolonger le cessez-le-feu et rouvrir le détroit d’Ormuz. La navigation dans ce passage stratégique, par où transite habituellement une part importante du pétrole et du gaz mondiaux, reste toutefois quasi à l’arrêt en raison d’un double blocage imposé par Washington et Téhéran. En 2025, environ 20 millions de barils par jour de brut et produits ont emprunté le détroit d’Ormuz, selon l’Agence internationale de l’énergie, ce qui en fait un maillon critique des flux maritimes mondiaux.
Réserves américaines et tension sur les stocks
En parallèle, Washington continue de puiser dans ses réserves. La Réserve stratégique de pétrole (SPR) a diminué de 8 millions de barils la semaine dernière, d’après l’Agence américaine d’information sur l’énergie, et a fondu de plus de 50 millions de barils en quelques semaines. Les États-Unis se sont engagés à libérer progressivement 172 millions de barils.
Mi-mai, l’Agence internationale de l’énergie a signalé une fonte « record » des stocks pétroliers mondiaux à mesure que la guerre au Moyen-Orient s’enlise. Le rapport mensuel de mai 2026 de l’AIE indique que cette érosion des inventaires accroît le risque de volatilité à l’approche du pic estival de la demande.
Dans ce contexte, la progression des cours reflète à la fois la fragilité du cessez-le-feu et la sensibilité du marché à toute perspective de réouverture durable des voies maritimes régionales, tandis que la structure des prix reste guidée par l’équilibre entre flux physiques et niveaux de stocks de pétrole.