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Le Danemark inaugure sa première liaison aérienne alimentée à 40% par du carburant durable

  • Connaissance des Énergies avec AFP
  • parue le
Avion

Le Danemark inaugure ce 4 mars sa première liaison aérienne domestique alimentée à 40 % par du carburant d'aviation durable, qui doit permettre de réduire de 3 000 tonnes par an ses émissions de CO2.

« Un pas dans la bonne direction »

À 15h25 (14h25 GMT), un avion de Norwegian rempli à 40% de carburant d'aviation durable ("sustainable aviation fuels", SAF en anglais) provenant d'huiles usagées, doit décoller d'Aalborg, dans le nord-ouest du pays et rejoindre Copenhague. Le transporteur norvégien évalue à 3 000 tonnes par an la réduction d'émissions de CO2 réalisée par le recours au SAF.

"C'est évidemment un pas dans la bonne direction", estime auprès de l'AFP Alexander Bjørn Hansen, expert Transport de l'ONG "Conseil pour la Transition Verte", d'autant que rares sont les transporteurs à proposer des liaisons alimentées partiellement par du SAF.

En Europe, la compagnie Ryanair avait annoncé au printemps 2023 opérer un tiers de ses vols au départ d'Amsterdam avec du carburant d'aviation durable.

"C'est important pour nous de participer à la transition soutenue par le gouvernement danois", a dit à l'AFP le directeur-général de Norwegian Geir Karlsen. "L'infrastructure est en place à Aalborg et la manière dont le gouvernement danois apporte son soutien est une bonne incitation", a-t-il ajouté.

La liaison Aalborg-Copenhague a en effet été mise en place dans le cadre du plan gouvernemental sur l'aviation verte. Le Danemark y consacre 800 millions de couronnes (106 millions d'euros) entre 2025 et 2029.

Une écotaxe sur les billets d'avion au Danemark

En décembre 2023, le pays scandinave, qui se veut très vertueux en matière d'écologie, a lancé une écotaxe sur les billets d'avion qui atteindra 13,5 euros en moyenne d'ici 2030. Cette mesure finance les investissements en faveur de la transition écologique du transport aérien intérieur, dont la liaison Aalborg-Copenhague - ainsi que des aides aux personnes âgées.

"On aimerait que l'ensemble des revenus de cette taxe soit consacré à l'aviation et qu'elle permette aussi de financer des carburants non fossiles", dit M. Hansen. Selon lui, il est nécessaire de diversifier les carburants d'aviation durable, un type de produit encore très cher - entre deux à cinq fois supérieur au carburant classique, selon le produit, et donc d'augmenter les investissements et la volonté politique. "Nous devons être en mesure de créer une demande suffisante pour augmenter la production en volume et, comme c'est généralement le cas, le prix baissera ensuite", souligne M. Karlsen.

Actuellement, ces carburants sont issus d'huiles usagées, voire de biomasse. À l'avenir, le secteur compte sur des carburants de synthèse élaborés à partir d'hydrogène "vert" produit avec de l'électricité renouvelable, et de capture de CO2.

Les SAF constituent le principal levier du secteur aérien, aujourd'hui responsable de jusqu'à 3 % des émissions mondiales de CO2, pour tendre vers son objectif de "zéro émission nette" à l'horizon 2050, soutenu aussi bien par les compagnies aériennes que par les États. Toutefois, en Europe, la proportion de SAF obligatoire est de 2 % et les moteurs actuels sont homologués pour 50 % de SAF.

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