Le Japon débloquera des réserves de pétrole dès lundi, selon la Première ministre, Sanae Takaichi

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Le Japon puisera dans ses réserves de pétrole dès lundi afin d'atténuer la pression sur les prix de l'essence et des autres énergies, a déclaré mercredi la Première ministre Sanae Takaichi.

"Sans attendre de décision officielle de l'AIE concernant une libération coordonnée des stocks internationaux, le Japon a décidé de prendre l'initiative d'alléger l'offre et la demande sur le marché international de l'énergie en libérant ses réserves stratégiques dès le 16 de ce mois", a indiqué Mme Takaichi aux journalistes dans ses bureaux à Tokyo.

Le Japon collabore avec d'autres pays, notamment ceux du G7 et ceux de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), en vue d'un éventuel déblocage coordonné de stocks pétroliers afin de compenser la hausse des prix du brut provoquée par la guerre au Moyen-Orient.

Mme Takaichi a ajouté que Tokyo devait agir rapidement pour minimiser l'impact de la crise énergétique internationale sur son économie.

En décembre, les réserves stratégiques de pétrole du Japon s'élevaient à plus de 400 millions de barils, ce qui les place parmi les plus importantes au monde.

"Les importations de pétrole brut vers le Japon devraient diminuer considérablement à partir de la fin du mois", a dit Mme Takaichi, soulignant que de nombreux pétroliers ne peuvent pas passer par le détroit crucial d'Ormuz.

"Etant donné la dépendance exceptionnellement élevée du Japon vis-à-vis du Moyen-Orient (pour le pétrole) et le fait que nous serons gravement touchés, nous prévoyons d'utiliser les réserves stratégiques de pétrole du Japon", a-t-elle souligné.

Le Japon détient des réserves pétrolières d'urgence équivalentes à 254 jours de consommation nationale.

Mme Takaichi a déclaré que le Japon allait libérer 15 jours de réserves pétrolières privées et un mois de réserves pétrolières nationales.

Le Japon, quatrième économie mondiale, est également le cinquième importateur mondial de pétrole brut, dont environ 95% provient du Moyen-Orient et environ 70% transitait par le détroit d'Ormuz avant le conflit.

Le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, par lequel transitent 20% du pétrole brut et du gaz mondiaux, est pratiquement à l'arrêt depuis le début de la guerre, le 28 février.

Tokyo reste en contact avec le G7 et l'AIE "afin de garantir qu'en aucun cas l'approvisionnement en produits pétroliers tels que l'essence ne soit perturbé", a poursuivi Mme Takaichi.

Le gouvernement prendra des mesures pour s'assurer que le prix moyen de l'essence se situe autour de 170 yens (1,07 dollar) le litre, soit légèrement en dessous de la moyenne de 178 yens enregistrée l'année dernière, a-t-elle ajouté.

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