- Connaissance des Énergies avec AFP
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Le Pakistan a assuré jeudi que des projets indiens sur des cours d'eau transfrontaliers pourraient "faire de l'eau une arme" et violeraient un traité majeur entre les deux voisins, menaçant New Delhi de représailles.
L'Inde a annoncé deux projets distincts cette année et affirme être dans son droit concernant les eaux qu'elle contrôle, bien que ses initiatives puissent impacter son voisin.
Elle a déclaré l'an dernier suspendre le traité sur les eaux de l'Indus, qui régit l'utilisation des cours d'eau dont dépendent des centaines de millions de personnes, au moment où les deux voisins dotés de l'arme nucléaire étaient au bord d'un conflit armé.
Le Pakistan a déjà souligné par le passé qu'il considérerait toute tentative de modifier le débit des cours d'eau transfrontaliers comme un "acte de guerre". Le pays estime également qu'il n'existe aucun mécanisme permettant à l'une des nations de se retirer unilatéralement de ce pacte.
Le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères, Tahir Andrabi, a assuré aux journalistes que le gouvernement indien n'avait pas consulté Islamabad au sujet de deux initiatives concernant le fleuve Chenab. Ces projets porteraient atteinte au traité, selon lui toujours en vigueur.
"Ces projets confirment que l'Inde semble faire de l'eau une arme", a-t-il déclaré. "Cela comporte des implications dangereuses non seulement pour l'économie du Pakistan, mais aussi pour la stabilité régionale ainsi que pour la paix et la sécurité internationales".
En mai, une entreprise publique indienne a publié un appel d'offres pour un projet de tunnel pour transférer l'eau du fleuve Chenab vers le bassin de la Beas.
Le ministère indien de l'Énergie a également annoncé en janvier des travaux de "désenvasement" à la centrale électrique de Salal, sur le fleuve Chenab, "à la suite de la suspension du traité sur les eaux de l'Indus".
"Le Pakistan envisage toutes les options nécessaires pour faire valoir ses droits en vertu du traité et pour protéger ses intérêts nationaux vitaux", a averti M. Andrabi, sans plus de détail.
Le ministère indien des Affaires étrangères a rejeté une décision rendue en mai par une cour d'arbitrage à La Haye, chargée de résoudre les différends entre l'Inde et le Pakistan liés au traité. Islamabad a déclaré que cette décision confirmait que le traité restait en vigueur, ce que New Delhi dément.
Selon plusieurs experts, l'eau risque de devenir un point de friction dans cette région. Le changement climatique et la croissance démographique mettent à mal les ressources agricoles constituant l'épine dorsale des économies des deux pays.
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