- Connaissance des Énergies avec AFP
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L'Union européenne pourrait assouplir dans les semaines qui viennent ses règles sur les émissions de méthane dans le secteur du pétrole et de gaz, ce qui alarme les organisations environnementales.
« Rien n'est encore décidé » selon la Commission
Dans la tourmente de la crise énergétique, Bruxelles entend présenter, peut-être au mois de juin, une "recommandation" aux Vingt-Sept sur l'application de sa législation anti-méthane, un gaz à effet de serre extrêmement polluant.
Selon une version de travail révélée par le média Contexte jeudi, la Commission pourrait conseiller aux États de renoncer pendant trois ans aux amendes prévues dans cette loi quand les importateurs de gaz ou de pétrole ne respectent pas leurs obligations de déclaration concernant les émissions de méthane.
Cette flexibilité serait accordée de 2027 à 2029, "sauf en cas de violations frauduleuses de grande ampleur de ces obligations". "Rien n'est encore décidé", a cependant assuré auprès de l'AFP une source au sein de la Commission.
Mais les défenseurs de l'environnement dénoncent déjà une nouvelle remise en cause des règles environnementales européennes.
Pression des États-Unis et des lobbys oil and gas
L'assouplissement de cette loi serait un "retour en arrière sous la pression des États-Unis", estime Neil Makaroff, de Strategic Perspectives, un centre de réflexion spécialisé dans la transition énergétique. Les Etats-Unis sont un fournisseur incontournable de l'Europe en matière de gaz naturel liquéfié (GNL) et critiquent régulièrement la législation environnementale européenne.
À Bruxelles, les groupes pétroliers et gaziers mettent la pression pour obtenir de la souplesse sur l'application de ce règlement méthane, tout comme certains Etats, notamment d'Europe centrale.
Dans le document qui a fuité dans la presse, la Commission écrit que la suspension des amendes permettrait d'atténuer les effets de la crise énergétique déclenchée par la guerre au Moyen-Orient, au moment où la concurrence est forte pour s'approvisionner.
Depuis plusieurs semaines, des ONG se mobilisent à l'inverse pour appeler l'exécutif à ne pas retoucher cette loi. Dans un courrier adressé à la Commission fin avril, une vingtaine d'organisations dont les Amis de la Terre ont demandé une "mise en œuvre rapide" et sans changement de cette législation, en particulier pour lutter contre les fuites de méthane dans les sites gaziers et pétroliers.
Alors que "partout en Europe, les citoyens et les entreprises sont invités à réduire leur consommation d'énergie. Dans le même temps, de grandes quantités de gaz sont encore perdues en amont" par ces "fuites évitables", déplorent-elles.