Les pêcheurs demandent des "mesures d'urgence" face à la flambée du prix du gazole

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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"Les chalutiers ne sont plus rentables": inquiets face à la flambée des prix du gazole, les pêcheurs français ont réclamé des "mesures d'urgence" pour leur permettre de poursuivre leur activité, a-t-on appris mercredi.

"La situation est très inquiétante. On a dépassé le seuil de rentabilité: on travaille à perte", a déclaré à l'AFP Christophe Collin, directeur de l'Armement bigouden, qui compte neuf chalutiers hauturiers et 80 marins au Guilvinec (Finistère).

Selon lui, le prix du gazole pêche détaxé est passé de 58 centimes à 81 centimes entre le 2 et le 11 mars au Guilvinec, soit une hausse de près de 40% en moins de 10 jours.

"On continue à pêcher car toute la filière en dépend", des mareyeurs aux poissonniers, a souligné M. Collin. "Si on s'arrête, tout le monde s'arrête", a-t-il ajouté.

Le comité national des pêches a réclamé, lundi dans un communiqué, "des mesures d'urgence" pour la filière face à une hausse des prix "tout simplement impossible à absorber" pour les armements de pêche.

D'autant que "cette hausse brutale intervient dans un secteur dont l'équilibre économique reste extrêmement fragile à la suite des chocs du Brexit, du Covid et de la guerre Russie-Ukraine", souligne le comité national.

"Il faut qu'une solution se déclenche très vite : la profession a littéralement besoin de réponses concrètes et immédiates des pouvoirs publics", a déclaré Olivier Le Nézet, président du comité national, cité dans le communiqué.

Sébastien Le Prince, patron du chalutier Magellan II et vice-président du comité départemental du Finistère a également appelé à "tout mettre en oeuvre pour permettre à nos navires de continuer leur activité, sans quoi nous risquons un effondrement de la filière", dans un communiqué distinct.

Le président (divers droite) du conseil départemental du Finistère, Maël de Calan, a lui écrit à la ministre de la Mer Catherine Chabaud pour lui demander de "rétablir sans délai un mécanisme d'aide au carburant destiné aux pêcheurs professionnels, afin d'éviter un arrêt progressif de la flotte et une fragilisation durable de la filière".

"Nous surveillons la situation de près", a indiqué le ministère de la Mer mercredi, tandis que la ministre s'est rendu dans la matinée dans les bureaux du comité national des pêches "pour échanger sur le sujet avec les représentants des professionnels".

Une réunion est également organisée à Bercy vendredi matin, avec Maud Bregeon, ministre déléguée à l'Énergie, selon la même source.

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