Les prix de l'énergie font culminer l'inflation à son plus haut niveau depuis 2018 en France

  • AFP
  • parue le

Les prix de l'énergie et du gaz ont fait culminer en 2021 l'inflation française à son plus haut niveau depuis 2018 en moyenne, a dévoilé l'Insee vendredi, contraignant le gouvernement à multiplier les mesures de soutien à trois mois de l'élection présidentielle.

La hausse des prix à la consommation s'est accélérée à 1,6% sur l'ensemble de l'année en moyenne annuelle. Il faut remonter à 2018 pour retrouver un niveau supérieur, à 1,8% à l'époque. L'envolée des prix de l'énergie a fortement pesé sur ce résultat, sur fond de reprise économique, après une année 2020 marquée par la pandémie.

Au moment où les prix du pétrole sur les marchés mondiaux ont retrouvé leurs niveaux d'avant la crise, soit au-dessus de 80 dollars le baril et que le marché du gaz connaît de fortes tensions, les prix se sont logiquement envolés sur les factures et sur les écrans à la pompe.

Les prix de l'énergie ont ainsi progressé de 10,5%, après une chute de 6,1% en 2020, détaille l'institut français de statistique, et les prix des produits pétroliers ont pris 13,5%. Les prix du gaz naturel et de ville se sont de leur côté envolés de 24% en 2021, avec une nette accélération au deuxième semestre, pendant que l'électricité a vu sa hausse ralentir, à +3% après 5,9% une année auparavant.

Une situation potentiellement explosive pour le pouvoir d'achat à trois mois du premier tour de l'élection présidentielle, et le gouvernement a décidé de jouer les pompiers.

L'État va ainsi contraindre EDF à vendre davantage d'électricité à bas prix à ses concurrents, a annoncé le ministre de l'Économie Bruno Le Maire jeudi, avec l'objectif de tenir la promesse du gouvernement de limiter à 4% la hausse de la facture d'électricité des Français en 2022.

Indemnité inflation et Livret A relevé

Auparavant, l'État avait déjà réduit au maximum la principale taxe sur l'électricité et a commencé à distribuer une indemnité inflation de 100 euros à plusieurs millions de Français.

Calculée hors prix volatils de l'énergie et de l'alimentation, l'inflation dite sous-jacente s'est elle aussi accélérée, mais moins vite, à + 1,1% après + 0,6% une année plus tôt.

La hausse a notamment été marquée par une hausse des prix des produits manufacturés de 0,3%, dans un contexte de reprise économique et de tensions dans les chaînes d'approvisionnement. L'habillement et les chaussures sont concernés par cette hausse, ainsi que l'ameublement, les appareils ménagers et les voitures.

Les prix des services ont eux augmenté de 1,2%, marqués par une progression des loyers, des services de communication et des services postaux. L'alimentaire a vu ses prix augmenter de 0,6% après une hausse beaucoup plus marquée de 1,9% en 2020.

L'Insee avait un peu plus tôt vendredi confirmé la progression des prix à la consommation de 2,8% en décembre en France sur un an, un chiffre servant notamment de base pour calculer le taux de rémunération du Livret A qui va bénéficier d'une hausse à 1% au 1er février, a annoncé Bruno Le Maire vendredi.

L'inflation, qui évolue en France à son plus haut depuis 2008 sur un rythme mensuel annualisé, est devenue cette année une préoccupation mondiale, des États-Unis où elle a atteint son plus haut niveau en près de 40 ans en 2021 aux pays émergents où elle dépasse les deux chiffres et grève lourdement le pouvoir d'achat. Elle a atteint encore 6,5% en Espagne en décembre, selon des chiffres publiés vendredi, au plus haut depuis 1992, et 5,1% en Grèce.

Commentaires

Daphné

Difficilement compréhensible la hausse du prix de l'énergie et ses répercussions sur l'inflation. Le prix du brut tourne autour de 80 dollars . On est loin des plus de 100 dollars il y a 20 ans alors qu'on avait pas l'alternative de l'électricité renouvelable . On voit encore le faible impact de cette énergie sur l'ensemble des besoins. C'est beaucoup d'argent dépensé pour rien et beaucoup de poids sur notre EDF nationale qui fait ce qu'elle peut en nourrissant ses propres concurrents.

gautier

Et l'envolée des prix ne vient pas de la France qui sollicite peu le gaz sur l'année, en comparaison de nos voisins à l'étranger. Le prix de l'électricité produite en France (et très peu carbonée) est assez faible et explose par alignement sur les prix de gros à l'international.

Jean BLIN

Pour ces hausses injustifiées merci à Jean François Carenco, ce cinglé nommé à la Commission de Régulation de l'Energie (CRE) qui privilégie les énergies renouvelables intermittentes éolien et photovoltaïque industriels subventionnés, défend le marché unique européen de l'électricité (en fait une bourse des MWh) comme si, s'éclairer, se chauffer, cuire qui sont des besoins primordiaux des Français était un marché spéculatif et qui maintenant laisse piller EDF par le biais de l'augmentation du volume vendu à perte par EDF à ses concurrents qui eux ne sont même pas des producteurs mais des revendeurs.

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