- Connaissance des Énergies avec AFP
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L'exécutif européen a jugé mardi "hautement discriminatoire" la mise en place par la Slovaquie de tarifs du gazole différenciés pour les conducteurs de véhicules immatriculés à l'étranger.
Dissuader les automobilistes étrangers de faire le plein en Slovaquie
Le gouvernement slovaque a annoncé la semaine dernière qu'il allait limiter les ventes de gazole à la pompe pendant 30 jours, et augmenter les prix pour les automobilistes étrangers. Des mesures qui visent, d'après lui, à éviter des pénuries de carburant liées à la suspension des livraisons de pétrole russe via l'oléoduc Droujba, endommagé en Ukraine.
Pour les conducteurs de véhicules immatriculés à l'étranger, le gouvernement a fixé un prix spécial, "calculé comme le prix moyen du diesel pratiqué en Autriche, en Pologne et en République tchèque", avait précisé le Premier ministre Robert Fico.
Une disposition qui vise à dissuader les automobilistes étrangers de faire le plein en Slovaquie, où ils bénéficiaient jusqu'ici de prix moins chers que dans leur pays.
« Une mesure hautement discriminatoire et contraire aux lois de l'UE »
"L'introduction d'une tarification différenciée pour les véhicules nationaux ou entre véhicules nationaux et étrangers, incluant des prix plus élevés pour les véhicules immatriculés à l'étranger, est, à notre avis, une mesure hautement discriminatoire et contraire aux lois de l'UE", a déclaré lors d'une conférence de presse Ricardo Cardoso, porte-parole de la Commission européenne en matière de concurrence.
"Bien que nous comprenions la nécessité de soutenir les citoyens, et tout particulièrement en cette période, les mesures de soutien ne doivent pas discriminer en fonction de la nationalité ni porter atteinte à l'intégrité du marché unique", a ajouté M. Cardoso, ajoutant que la Commission prendra "les mesures juridiques appropriées pour garantir le respect de cette disposition".
Selon Kiev, l'oléoduc Droujba acheminant du pétrole russe en Hongrie et Slovaquie a été touché par des frappes russes sur son territoire fin janvier. La Slovaquie et la Hongrie, deux pays voisins dont les dirigeants entretiennent des liens étroits avec le Kremlin, ont accusé Kiev de retarder délibérément sa réouverture.