- Connaissance des Énergies avec AFP
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La startup nucléaire Stellaria a annoncé avoir déposé sa demande d'autorisation auprès de l'autorité de sûreté nucléaire pour développer un prototype de mini-réacteur, a-t-on appris auprès de la société, qui devient la deuxième à franchir cette étape en France.
Stellaria, startup française issue du CEA (Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives) et de Schneider Electric, a déposé une "demande d'autorisation de création" (DAC) pour la construction d'une installation nucléaire dénommée Alpha, comprenant un réacteur de recherche sur le site de Cadarache (Bouches-du-Rhône) du CEA.
L'autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), gendarme des centrales, a indiqué avoir été saisie de la demande le 22 décembre, ouvrant ainsi une phase d'instruction technique.
"Cette étape est déterminante pour Stellaria car elle crédibilise le travail mené jusqu'ici par ses équipes et ses partenaires, et engage pleinement l'entreprise dans ses responsabilités d'exploitant nucléaire", a commenté Nicolas Breyton, président de Stellaria.
Spécialiste des réacteurs nucléaires à neutrons rapides et à sels fondus, Stellaria vise un démarrage de son prototype en 2030.
"En déposant cette demande, Stellaria sort de l'étape du concept pour entrer dans une phase réglementaire structurante, où ses choix fondamentaux sont désormais arrêtés", a ajouté M. Breyton.
Stellaria devient la deuxième startup française développant de petits réacteurs modulaires (aussi appelés SMR ou AMR, en anglais), à avoir déposé sa demande d'autorisation. Elle est aussi "la première" à soumettre son dossier pour un concept de réacteur à neutrons rapides dont le coeur est capable de brûler les déchets des centrales nucléaires parmi les plus radioactifs.
Avant elle, la startup Jimmy avait déposé en avril 2024 la première demande d'autorisation en France pour faire homologuer son mini-réacteur nucléaire destiné à fournir de la chaleur industrielle à une usine du groupe sucrier Cristal Union à Bazancourt (Marne).
Les mini?réacteurs, plus compacts et moins puissants que ceux du parc nucléaire actuel, sont destinés à produire de l'électricité ou de la chaleur décarbonées (les deux pouvant être combinés) pour alimenter des sites industriels, des usines de dessalement ou encore des réseaux de chauffage urbain, en offrant une alternative aux énergies fossiles.
L'agence pour l'énergie nucléaire de l'OCDE a identifié 127 concepts de mini-réacteurs à travers le monde, à des stades de maturité divers, dans plus de douze pays (dont Etats-Unis, Canada, Argentine, Russie, Chine, Corée du Sud, etc).
En France, environ une dizaine de projets font l'objet de discussions avec l'ASNR.
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