- Connaissance des Énergies avec AFP
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L'Autorité de sûreté nucléaire (ASNR) a appelé les pouvoirs publics à rétablir sa trajectoire budgétaire afin de préserver son outil de recherche et ses systèmes d'information, lors d'une audition devant l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques (Opecst) jeudi.
Son président Pierre-Marie Abadie a fait part de sa "préoccupation forte" à propos de la trajectoire actuelle du budget triennal en matière de crédits de fonctionnement et d'investissement, c'est-à-dire hors masse salariale.
Celui-ci doit baisser d'une trentaine de millions d'euros, soit de près d'un quart, sur les 135 millions d'euros qui lui sont affectés.
"L'impact serait fort sur notre outil de recherche, au coeur de notre souveraineté scientifique et technique, et sur le renouvellement et la modernisation de nos systèmes d'information", a-t-il ajouté en indiquant avoir eu l'occasion de "porter ce message directement auprès du gouvernement".
"Ce que l'on demande, ce ne sont pas des augmentations budgétaires, c'est juste le rétablissement d'une stabilité budgétaire qui permette bon an mal an de maintenir notre effort sur l'outil de recherche et également sur les systèmes d'information", a-t-il précisé lors d'un point de presse dans l'après-midi.
Les responsables de l'ANSR étaient entendus mardi matin par l'Opecst à l'occasion de la publication de son premier rapport annuel sur l'état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025.
Dans ce rapport, l'ANSR souligne notamment que le programme de nouveau nucléaire que la France s'apprête à lancer nécessite d'anticiper l'instruction des projets afin d'en assurer la maîtrise et la qualité pour éviter les surcoûts et retards.
Et pour le parc nucléaire actuel, "l'enjeu premier est le maintien des meilleurs niveaux de sûreté et l'anticipation des grandes échéances", notamment l'instruction en cours sur la durée de fonctionnement des réacteurs au-delà de 60 ans.
L'ASNR assure, au nom de l'État, le contrôle des activités nucléaires civiles en France, et exerce les missions de recherche, expertise, formation et information du public dans les domaines de la sûreté nucléaire et de la radioprotection.
Créé en 1983, l'Opecst est un organe bicaméral - 18 députés, 18 sénateurs - assisté d'un conseil scientifique et chargé "d'éclairer" le Parlement en matière scientifique et technologique.