Crédits de fonctionnement et d’investissement sous pression
Le président de l’ASNR, Pierre-Marie Abadie, a exprimé une « préoccupation forte » concernant la trajectoire triennale des crédits hors masse salariale. Selon lui, ces moyens de fonctionnement et d’investissement, fixés à 135 millions d’euros, doivent diminuer d’environ 30 millions d’euros, soit près d’un quart, avec un effet direct sur les priorités techniques de l’Autorité.
« L’impact serait fort sur notre outil de recherche, au cœur de notre souveraineté scientifique et technique, et sur le renouvellement et la modernisation de nos systèmes d’information », a indiqué Pierre‑Marie Abadie, précisant avoir porté ce message « directement auprès du gouvernement ». Il a ajouté : « Ce que l’on demande, ce ne sont pas des augmentations budgétaires, c’est juste le rétablissement d’une stabilité budgétaire qui permette bon an mal an de maintenir notre effort sur l’outil de recherche et également sur les systèmes d’information ».
Rapport 2025 et exigences du nouveau nucléaire
L’ASNR a présenté le 28 mai à l’Opecst son premier rapport annuel sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France. L’Autorité y souligne que le programme de nouveau nucléaire appelle une instruction anticipée et rigoureuse des dossiers pour garantir la qualité des décisions et éviter surcoûts et retards. ([asnr.fr](https://www.asnr.fr/actualites/premier-rapport-annuel-de-lasnr-sur-letat-de-la-surete-nucleaire-et-de-la?utm_source=openai))
Pour le parc en exploitation, l’enjeu prioritaire reste le maintien d’un haut niveau de sûreté et l’anticipation des grandes échéances, dont l’instruction en cours sur la poursuite de fonctionnement des réacteurs au‑delà de 60 ans. En 2025, l’ASNR a conduit 1 927 inspections sur site, représentant 4 415 jours‑inspecteur, tous domaines confondus, selon son rapport annuel. ([reglementation-controle.asnr.fr](https://reglementation-controle.asnr.fr/annual_report/2025-fr/151/?utm_source=openai))
Ces orientations s’inscrivent dans la feuille de route énergétique en vigueur, la PPE 3, qui encadre la planification et la montée en puissance des projets, tout en articulant exigences de sûreté, calendrier industriel et sécurité d’approvisionnement.
Cadre institutionnel et missions
L’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection est opérationnelle depuis le 1er janvier 2025, à la suite de la loi n° 2024‑450 du 21 mai 2024 qui a organisé la fusion de l’ASN et de l’IRSN au sein d’une autorité administrative indépendante unique. ([economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/daj/loi-surete-nucleaire-creation-autorite-surete-nucleaire-radioprotection?utm_source=openai))
Au nom de l’État, l’ASNR contrôle les activités nucléaires civiles et exerce des missions de recherche, d’expertise, de formation et d’information du public en sûreté nucléaire et radioprotection. L’Opecst, créé en 1983, est un office parlementaire bicaméral composé de 18 députés et 18 sénateurs chargé d’éclairer le Parlement sur les enjeux scientifiques et technologiques.