- Connaissance des Énergies avec AFP
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Orano, le spécialiste français du cycle du combustible nucléaire et son partenaire chinois XTC New Energy ont officialisé la construction à Dunkerque d'une usine de matériaux actifs de cathode (CAM), des composants utilisés pour la fabrication de batteries de véhicules électriques, selon un communiqué publié mercredi.
L'entreprise française, qui a d'autres activités que le nucléaire, et le groupe chinois construiront une usine qui fournira des "composants essentiels" pour "la fabrication des batteries de véhicules électriques", précise le communiqué.
L'entreprise chinoise, filiale du géant des métaux Xiamen Tungsten Company, est spécialiste de la fabrication de matériaux de cathodes, un des composants clés d'une batterie électrique.
Dans cette dernière, les électrons circulent entre deux électrodes, l'une négative (l'anode), l'autre positive (la cathode). Les électrodes sont plongées dans un conducteur, l'électrolyte.
Selon Orano, qui détient 49% de participation dans la coentreprise Neomat CAM, au côté de son partenaire XTC New Energy majoritaire à 51%, l'investissement nécessaire sera de l'ordre de 500 millions d'euros.
Orano a indiqué à l'AFP qu'une partie non précisée de l'investissement serait financée par un crédit d'impôt pour l'industrie verte (C3IV) et que le reste serait financé au pro rata des participations de chacun.
L'usine Neomat CAM, première usine du partenariat sino-français annoncé lors du sommet Choose France en mai 2023, doit entrer en exploitation en 2028 et permettra d'équiper près de 500.000 véhicules électriques chaque année, à destination du marché européen.
Située sur le port de Dunkerque, l'usine sera implantée sur les communes de Gravelines et de Loon-Plage, au coeur de la "vallée de la batterie".
Quatre autres fabricants de batteries se sont en effet implantés dans les Hauts-de-France: ACC (coentreprise entre Stellantis, Mercedes-Benz et TotalEnergies), AESC (société japonaise appartenant au groupe chinois Envision) ProLogium (groupe taïwanais), et la start-up française Verkor.
"Neomat CAM constitue la première étape d'une plateforme industrielle, dont la capacité de production pourra atteindre, selon l'évolution du marché, jusqu'à 80.000 tonnes par an", ont indiqué les sociétés dans leur communiqué.
A l'avenir, elle pourrait aussi "accueillir une usine de précurseurs de matériaux actifs de cathode (P-CAM) ainsi qu'une usine hydrométallurgique de recyclage des rebuts de fabrication des gigafactories et des matériaux de batteries en fin de vie".