Pétrole vénézuélien: quelles entreprises américaines bénéficieront du projet Trump?

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Les entreprises pétrolières américaines ayant déjà des liens avec le Venezuela devraient tirer profit du plan affiché par Donald Trump pour contrôler le secteur pétrolier de ce pays.

Le président américain, qui a indiqué jeudi au New York Times que les Etats-Unis pourraient conserver plusieurs années le contrôle du Venezuela et de son pétrole, doit rencontrer vendredi les patrons des grands groupes américains pour "discuter des immenses possibilités qui s'offrent à ces sociétés" au Venezuela, selon un porte-parole de la Maison Blanche.

Le Venezuela possède environ un cinquième des réserves mondiales de pétrole. Il a été par le passé un fournisseur de brut très important pour les États-Unis. De nombreuses compagnies américaines y ont opéré jusqu'en 2007.

Mais des années de sous-investissement et les sanctions imposées par les Etats-Unis depuis 2019 ont limité la production vénézuélienne qui ne représentait en 2024 qu'environ 1% de la production mondiale, selon l'Opep.

Voici les groupes pétroliers américains qui pourraient jouer un rôle majeur dans le projet de l'administration Trump de relancer cette production:

- Chevron: seul encore présent -

Deuxième plus gros producteur de pétrole aux Etats-Unis, Chevron est le seul pétrolier américain à opérer encore au Venezuela.

Ce groupe a importé en décembre plus de 120.000 barils de brut vénézuélien par jour, selon les données de l'agence Bloomberg.

Présent dans le pays sud-américain depuis les années 1920, Chevron opère sur cinq sites pétroliers en tant qu'actionnaire minoritaire d'une coentreprise dirigée par la compagnie publique Petroleos de Venezuela (PDVSA) et créée en 2007 après la nationalisation du pétrole vénézuélien par Hugo Chavez.

En 2022, la présidence de Joe Biden a accordé à Chevron une dérogation aux sanctions américaines pour continuer à importer du pétrole vénézuélien.

Trump a d'abord révoqué puis renouvelé cette dérogation en 2025. "Nous continuons d'opérer en conformité totale avec toutes les lois et régulations", a déclaré, cette semaine, à l'AFP un porte-parole de Chevron.

- ExxonMobil et ConocoPhillips, en attente d'indemnisation -

Deux autres géants pétroliers américains, ExxonMobil et ConocoPhillips, ont été expropriés au Venezuela en 2007 après avoir refusé les conditions de Chavez, qui exigeait que l'Etat vénézuélien prenne au minimum 60% des parts sur les sites d'exploitation.

Les deux entreprises ont engagé des procédures d'arbitrage international, déclenchant des années de litiges qu'elles ont fini par gagner.

En 2014, le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) de la Banque mondiale a jugé que le gouvernement vénézuélien devait verser à ExxonMobil une indemnisation de 1,6 milliard de dollars pour l'expropriation d'un projet d'extraction. Un montant ensuite réduit, mais le Venezuela a néanmoins été sommé de payer des millions au géant américain.

Concernant ConocoPhillips, le tribunal d'arbitrage de la Chambre de commerce internationale a ordonné en 2018 au gouvernement vénézuélien de verser 2 milliards de dollars pour "expropriation illégale et non compensée" sur deux projets. Une autre décision du CIRDI en 2019 a ordonné au Venezuela de verser 8,7 milliards de dollars à ConocoPhillips.

Le gouvernement Maduro n'a jamais payé et ExxonMobil comme ConocoPhillips attendent toujours d'être indemnisés.

ExxonMobil n'a pas encore commenté les projets de Trump sur le pétrole vénézuélien.

ConocoPhillips a, pour sa part, indiqué surveiller "les développements au Venezuela et leurs éventuelles implications pour l'approvisionnement énergétique mondial et la stabilité". Mais "il serait prématuré de spéculer sur de futures activités commerciales ou investissements", a précisé à l'AFP mardi un porte-parole.

- Plusieurs raffineurs américains impliqués -

Les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) montrent que plusieurs raffineurs ont acheté en 2025 du pétrole brut vénézuélien, qui nécessite d'être traité dans des raffineries spécifiques, notamment sur le pourtour du golfe du Mexique.

Valero, le plus gros acheteur américain de brut vénézuélien, en a ainsi acheté 1,5 million de barils en octobre 2025 pour ses raffineries du Texas et de Louisiane.

Parmi les autres acheteurs en 2025 figurent Phillips 66, Paulsboro Refining (PBF), Chevron, Vitol, ExxonMobil et Houston Refining.

Les cours des actions de toutes ces sociétés ont progressé depuis le 3 janvier, à l'exception d'ExxonMobil.

Mais les experts estiment qu'un essor de la production vénézuélienne prendra des années.

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