Seadrill annonce sa mise en faillite imminente

  • AFP
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Le groupe de forages pétroliers Seadrill prévoit de se placer d'ici au 12 septembre sous la protection de la loi américaine sur les faillites afin de restructurer sa dette colossale, a-t-il annoncé jeudi.

Touchée de plein fouet par la chute du cours du baril survenue alors que l'entreprise avait engagé de lourds investissements, Seadrill est engagée depuis des mois dans de délicats pourparlers avec ses multiples créanciers.

Sa dette nette frôlait les 8 milliards de dollars fin juin, sans compter les engagements financiers auprès des chantiers navals.

Le groupe contrôlé par le milliardaire chypriote d'origine norvégienne John Fredriksen avait évoqué dès février la possibilité de se placer sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, mais les dates butoirs pour un accord ont à chaque fois été repoussées.

"Notre objectif principal pour le moment est de conclure des négociations définitives autour d'un plan de restructuration global, qui est à un stade avancé et sera probablement mis en place via la procédure du chapitre 11 le 12 septembre 2017 ou avant", a déclaré jeudi le directeur général, Anton Dibowitz, dans le rapport de résultats trimestriels.

Jusqu'alors directeur commercial de Seadrill, l'Américain en a pris les rênes le 1er juillet, en remplacement de Per Wullf.

La restructuration devrait impliquer la levée d'environ 1 milliard de dollars de nouveau capital, une prolongation des facilités bancaires et, comme annoncé précédemment, des pertes "significatives" pour les porteurs d'obligations et actionnaires.

"En conséquence, l'entreprise s'attend actuellement à ce que les actionnaires ne récupèrent probablement rien ou très peu pour leurs actions existantes", précise Seadrill.

En début d'après-midi, l'action Seadrill s'effondrait de 19,02% à la Bourse d'Oslo, portant à 94,4% sa chute depuis le début de l'année. Après avoir culminé à 287 couronnes en septembre 2013, le titre ne s'échange plus qu'à 1,66 couronne (0,21 dollar) aujourd'hui.

Les autres parties prenantes telles que les chantiers navals y seront aussi de leur poche, a prévenu Seadrill qui emploie quelque 5.000 personnes dans le monde.

Au deuxième trimestre, le groupe a essuyé une perte nette de 143 millions de dollars contre un bénéfice de 252 millions un an plus tôt.

Son résultat d'exploitation est aussi tombé dans le rouge à 100 millions de dollars contre un bénéfice de 364 millions à la même période de 2016, pour un chiffre d'affaires en repli de 33,5%, à 577 millions de dollars.

"Bien que les marchés demeurent difficiles, la continuité des opérations et des liens solides avec les clients nous ont permis de replacer un certain nombre d'unités (de forage) pendant le trimestre", a noté M. Dibowitz.

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